Pour les élections européennes, le Rassemblement national arrive en tête des intentions de vote, au coude à coude avec la liste La République en marche, selon une étude réalisée par Ipsos Sopra Steria, pour les chaînes de Radio France et pour France Télévisions.

Nathalie Loiseau et Jordan Bardella lors du débat des Européennes sur France Inter et France 2.
Nathalie Loiseau et Jordan Bardella lors du débat des Européennes sur France Inter et France 2. © AFP / Bertrand Guay

Ils sont au coude à coude. Selon l’étude réalisée par l’institut de sondage Ipsos Sopra Steria pour Radio France et France Télévisions, Jordan Bardella, candidat du Rassemblement national, arriverait légèrement en tête des intentions de vote aux élections européennes du 26 mai. Il obtiendrait 22 % des votes, parmi les personnes interrogées qui se disent certaines de participer au scrutin. La liste "Renaissance" de la République en marche, conduite par Nathalie Loiseau arriverait juste derrière avec 21,5 %. Cette différence de score se situe néanmoins dans la marge d'erreur du sondage. 

Un duel aux airs de “déjà vu” et qui rappelle l’élection présidentielle de 2017 où Emmanuel Macron et Marine Le Pen étaient eux aussi dans un mouchoir de poche. Un duel d’ailleurs entretenu par les deux têtes de liste aux européennes, Jordan Bardella et Nathalie Loiseau.

Le duel est installé mais il est fragile” détaille Brice Teinturier de l’institut de sondage Ipsos. “Les choses sont encore relativement peu construites, les certitudes de choix sont faibles” chez les sondés. “Du côté du parti Les Républicains, on est à un niveau assez stable, avec 13,5 % d’intentions de vote”, poursuit-il.

La participation au scrutin s’annonce quant à elle plutôt faible, estimée entre 38 et 42 %. Il faut noter un engagement plus important pour le scrutin des sympathisants En marche (50  % sont certains de se déplacer), suivis par les Insoumis (46 %) et les proches du Rassemblement national (45 %).

La droite plafonne, la gauche divisée

Alors qu’à droite, François-Xavier Bellamy (Les Républicains) stagne à 13,5 % d’intentions de vote, 5 % pour Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France), à gauche, aucune liste ne prend l’ascendant. 

En ordre dispersé avec près d’une dizaine de listes différentes présentes pour ce scrutin, c'est Europe écologie-Les Verts et Yannick Jadot qui pourrait obtenir jusqu'à 8,5 % des suffrages, juste devant la France insoumise (Manon Aubry), en progression et créditée de 8 %. Raphaël Glucksmann (Place publique-PS) et Benoît Hamon (Génération.s) plafonnent, avec précisément 5,5 % et 3,5 % des intentions de vote. Quant au Parti communiste, le parisien Ian Brossat plafonne à 2 %. 

D’autant plus que l’électorat semble très volatile. Par exemple, trois électeurs écolos sur quatre reconnaissent qu’ils peuvent encore changer d’avis. C’est aussi le cas chez les électeurs du PS-Place publique, 65 % d’entre eux disent qu’ils peuvent encore changer d’avis alors que les certitudes sont plus fermes pour les électeurs de la République en marche, du parti Les Républicains ou du Rassemblement national. 

La notoriété des candidats pas synonyme d’adhésion

C’est l’un des enseignements de l’étude : la notoriété des candidats n’est pas un synonyme d’adhésion. Ainsi Benoît Hamon (Génération.s) est le candidat qui est le plus connu des sondés - 85 %  d’entre eux voient bien de qui il s’agit - alors que seulement 22 % mettent un visage sur le nom du candidat Rassemblement national, Jordan Bardella. On trouve également parmi les “têtes connues” Francis Lalanne (Alliance jaune) ou Florian Philippot (Les Patriotes). 

La plupart des têtes de liste sont très peu connues par les Français et c’est aussi ce qui explique la faiblesse de la campagne : nous n’avons pas ou peu de ténor ni de thèmes très saillants”, explique Brice Teinturier. “Si vous avez de nouvelles personnalités peu connues mais qui donnent le sentiment qu’il y a un renouvellement à l’oeuvre, la mayonnaise peut prendre… mais là ça ne marche pas. Ni les candidats, ni les thèmes, ni les enjeux ne permettent aux Français de s'intéresser fortement à cette campagne, d’où les faibles taux de participations à trois semaines du scrutin” poursuit le directeur général d’Ipsos. 

Les questions européennes ne sont pas la priorité

Enfin, autre point intéressant parmi les réponses à notre sondage, ce ne seront pas les questions européennes qui feront l’élection. Plus de la moitié des Français, 54 %, vont se décider en fonction des enjeux nationaux. C’est du jamais vu en France pour une élection européenne. Les sympathisants écologistes, socialistes, En marche ou Les Républicains restent toutefois les plus sensibles aux questions européennes. Mais “tout cela peut changer car les scrutins européens se décident souvent dans les derniers jours” nuance Brice Teinturier qui note toutefois “une situation assez atypique”. 

Ce sondage a été réalisé auprès de 1 500 personnes constituant un échantillon représentatif de la population française en âge de voter et inscrite sur les listes électorales, par internet et selon la méthode des quotas. Il est important de préciser qu’il a eu lieu les 2 et 3 mai 2019, c’est-à-dire avant la publication au Journal officiel des listes validées.

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