par Claude Canellas

TALENCE (GIRONDE) (Reuters) - Face aux critiques et aux sondages défavorables, la candidate écologiste à la présidentielle Eva Joly a profité mercredi de son voyage en Gironde pour avouer ses difficultés à faire passer le message de l'écologie politique.

La candidate d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV) a conclu sa journée girondine en soulignant sa différence1, lors d'un discours prononcé lors d'une réunion publique.

"Je sais que je ne suis pas formatée comme les autres candidats. Je n'ai ni l'humeur tonitruante de Mélenchon, ni l'art de la synthèse de François Hollande, je n'ai pas comme François Bayrou la certitude d'être née pour accomplir un destin", a-t-elle dit.

Toujours à propos de ses adversaires politiques, Eva Joly a ajouté qu'elle n'avait pas "la haine en héritage comme Marine Le Pen". "L'ambition ne guide pas chacun de mes pas comme Nicolas Sarkozy", a-t-elle poursuivi.

Devant 900 militants écologistes rassemblés dans la salle de la Médoquine à Talence, dans la banlieue de Bordeaux, elle a mis en évidence toute sa singularité, sa volonté d'être elle-même, "une femme de convictions qui croit que le courage est la plus grande des vertus".

"Je sais bien que j'ai ma part de responsabilité dans le peu d'écho qu'on accorde à mes propos", a-t-elle dit, ajoutant de sa petite voix que, "si les attaques sont si violentes, c'est parce que je ne fais pas semblant. Ce que je dis je le pense vraiment".

"TRÈS MAUVAISE"

"Je ne suis ni le bruit ni la fureur, je suis la petite voix de la raison", a-t-elle ajouté.

Avant elle, sur l'estrade, le député-maire de Bègles Noël Mamère était venu "plaider coupable" et dire combien le fait qu'il ait pu une dizaine de jours plus tôt dire son découragement par rapport à la campagne d'Eva Joly était "inutile".

Dans la matinée Eva Joly qui s'était rendue dans le bassin d'Arcachon avait reconnu avoir été "très mauvaise" depuis le début de cette campagne présidentielle où les sondages ne lui prêtent qu'à peine 2% des intentions de vote.

Elle avait ainsi admis avoir été "très mauvaise" après avoir constaté que l'écologie figurait en dernière place des principales préoccupations des Français dans les enquêtes d'opinion.

En fin d'après-midi, après avoir rencontré des lecteurs du quotidien régional Sud-Ouest, elle avait au cours d'une conférence de presse abordé les difficultés de financement de la campagne, liées à la prudence des banques.

La secrétaire générale d'EELV Cécile Duflot avait renouvelé l'appel aux dons adressé aux militants et aux sympathisants.

"On reçoit des milliers de petits dons. Il faut se rappeler que notre budget ne représente qu'un vingtième de certains autres (...) Il manque 600.000 euros actuellement pour boucler le budget de deux millions d'euros. On va solliciter les régions, les élus et les dons volontaires. On a déjà recueilli 240.000 euros de dons », a indiqué Cécile Duflot.

Edité par Jean-Philippe Lefief pour le service français

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