STRASBOURG (Reuters) - La candidate écologiste à la présidentielle Eva Joly a assuré mercredi à Strasbourg qu'elle irait jusqu'au bout de la campagne malgré les mauvais sondages et les voix qui l'appellent à reconsidérer sa candidature au sein même de son parti.

Elle s'exprimait en Alsace au lendemain des déclarations d'un ténor du parti, Noël Mamère, ancien candidat à l'élection présidentielle de 2002, qui a exprimé des doutes sur l'intérêt d'une candidature écologiste au scrutin de cette année.

"Pour moi, il n'a jamais été question d'arrêter. J'ai été élue par l'ensemble des écologistes pour porter leurs voix et c'est ce que je continuerai à faire jusqu'au 22 avril", a dit Eva Joly lors d'une conférence de presse.

Elle devait tenir un meeting dans la soirée à Strasbourg avec José Bové, son porte-parole, Antoine Waechter, ancienne figure de proue du mouvement et Daniel Cohn-Bendit, co-président du groupe des Verts au Parlement européen.

"Qui d'autre parle de l'Europe, qui d'autre parle de la préservation du grand hamster en Alsace ?", a-t-elle ajouté.

Dans la capitale historique de la construction européenne, l'ancien juge d'instruction a affirmé qu'elle était "la seule candidate à porter la vision de l'Europe fédérale" quand, a-t-elle dit, "Nicolas Sarkozy est prêt à détricoter ce que nous avons bâti depuis 60 ans pour conserver son pouvoir".

Sans cesse relancée par les médias sur les mauvais sondages et les commentaires des uns et des autres relatifs à sa candidature, la franco-norvégienne s'agace d'une campagne électorale focalisée sur les petites phrases et les questions mineures.

"C'est ça qui fait que nous sommes la risée du monde entier parce que nous nous parlons de la viande halal alors que l'Europe est en danger et qu'il y a un risque de guerre entre l'Iran et Israël", a-t-elle asséné.

Si elle revendique sa singularité, Eva Joly prend soin toutefois d'épargner François Hollande.

Elle a dit faire confiance au candidat socialiste pour tenir ses engagements et respecter l'accord passé avec les écologistes, où le PS refuse de sortir du nucléaire mais s'engage à ramener la part du nucléaire dans l'énergie électrique de 75% à 50% d'ici 2025.

Gilbert Reilhac, édité par Thierry Lévêque

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