Les partisans et opposants du président égyptien Mohamed Morsi ont continué de s'affronter durant la nuit de mercredi à jeudi, à coup de pierres et de bâtons autour du palais présidentiel au Caire, au lendemain de manifestations massives contre les amendements constitutionnels décidés par le président égyptien et qui élargissant considérablement ses pouvoirs.

Ecoutez le reportage de Vanessa Descouraux

De source médicale, on annonce que violences autour du palais présidentiel ont fait au moins trois morts.

Egypte, les affrontements se poursuivent
Egypte, les affrontements se poursuivent © Reuters / Amr Dalsh

Dans la soirée, le Premier ministre a lancé un appel au calme. Dans un communiqué, le chef du gouvernement a demandé l'arrêt des violences entre partisans et adversaires de Mohamed Morsi près du palais présidentiel. Hicham Kandil a demandé à tous les manifestants de quitter le quartier de la présidence.

Même appel au calme lancé par les Frères musulmans qui ont appelé tous les manifestants à se retirer des abords du palais présidentiel au Caire.

Les heurts ont commencé lorsque des milliers de partisans de Mohamed Morsi ont afflué –à l’appel des Frères musulmans- là où des opposants faisaient un sit-in, démantelant les tentes dans lesquelles de petits groupes d'anti-Morsi avaient passé la nuit après la manifestation de mardi.

Dans la soirée de mercredi on a appris également que quatre conseillers de Mohamed Morsi ont démissionné en signe de protestation, portant à six le nombre de démissions parmi les 17 conseillers présidentiels.

Le Président, selon un de ses collaborateurs, a regagné le palais présidentiel dans la journée de mercredi. Il l’avait discrètement quitté mardi, dès que le nombre de manifestants avait augmenté.

Mohamed Morsi va rompre son silence

Son discours, annoncé, ne devrait pourtant pas changer grand chose à la situation critique en Égypte. Le président ne fera sans doute aucune concession. L'armée a sommé les manifestants de quitter les alentours du palais présidentiel.

Le reportage au Caire de Vanessa Descouraux

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L'Egypte vit sa pire crise depuis l'élection de Mohamed Morsi en juin. Elle a éclaté avec l'annonce le 22 novembre d’un décret qui place les pouvoirs du chef de l'Etat au-dessus de tout recours judiciaire, provoquant la fronde d'une grande partie de la magistrature et l'ire de l'opposition.

Le projet de Constitution qui doit être soumis à un référendum le 15 décembre, élaboré par une commission dominée par les islamistes, est aussi très contesté par l'opposition, qui l'accuse de saper certaines libertés et d'ouvrir la voie à une application plus stricte de la loi islamique.

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