Facebook a annoncé mardi son intention de se lancer sur le marché des sites de rencontres tout en insistant sur les efforts entrepris pour protéger les données de ses utilisateurs après l'affaire Cambridge Analytica.

Mark Zuckerberg lors de la convention devant les développeurs à San Francisco
Mark Zuckerberg lors de la convention devant les développeurs à San Francisco © AFP / JOSH EDELSON

Mark Zuckerberg, le PDG du premier réseau social mondial, a fait cette annonce lors de la journée des développeurs du site à San Jose (Californie). Il a précisé que cette nouvelle fonction ne viserait pas à faciliter les rencontres ponctuelles, mais à aider les gens à bâtir des relations durables par l'intermédiaire du réseau. 

Le cœur a ses raisons 

"Cela sera destiné à construire des relations authentiques et durables, pas seulement des plans d'un soir", a-t-il affirmé, soulignant que sur les quelques 2 milliards d'utilisateurs du réseau social environ 200 millions se présentaient comme célibataires et qu'un mariage sur trois aux Etats-Unis résultait d'une rencontre faite en ligne.  

Le service optionnel devrait être gratuit comme les autres fonctionnalités de Facebook qui dégagent des revenus grâce à la publicité.  Les utilisateurs pourront créer un "profil de rencontre" distinct de leur profil sur leur page Facebook et des partenaires potentiels leur seront recommandés sur la base des données de ce profil.  Il n'a pas été donné de date précise pour le lancement de ce service.

Depuis sa création il y a 14 ans, Facebook propose de marquer leur statut matrimonial : célibataire, marié, dans une relation. "Ce sera évidemment sécurisé" a précisé Zuckerberg. "Et pour être très clair, le respect de votre vie privée et de la sécurité de vos données a été une priorité dès le début!".

Aux Etats-Unis, 1 célibataire sur 3 dit utiliser une application de "dating", et le marché est dominé par 4 sites :  Tinder, Match.com, OkCupid, et Bumble. L'action d'un des principaux sites de rencontres payants aux Etats-Unis, Match, s'est effondrée à Wall Street de plus de 22% après cette annonce.

Sécurité : retour à la raison ?       

Parmi les autres innovations annoncées mardi figure la possibilité pour les utilisateurs de Facebook d'effacer leurs données de navigation.  "Cette fonctionnalité vous permettra de voir les sites web et les applications qui nous envoient des informations lorsque vous les utilisez, de supprimer ces informations de votre compte et de désactiver notre capacité à les stocker à l'avenir", a indiqué Facebook dans un blog publié parallèlement à la conférence.

"Si vous effacez votre historique ou utilisez le nouveau paramètre, nous supprimerons les informations d'identification de sorte que l'historique des sites web et des applications que vous avez utilisés ne sera pas associé à votre compte", a indiqué Facebook en parallèle aux annonces de Mark Zuckerberg. "Mais nous continuerons à fournir des applications et des sites web avec des analyses agrégées - par exemple, nous pouvons créer des rapports lorsque nous recevons ces informations afin de pouvoir dire aux développeurs si leurs applications sont plus populaires auprès des hommes ou des femmes d'un certain groupe d'âge"

Cette nouvelle fonctionnalité veut répondre aux préoccupations apparues après l'affaire Cambridge Analytica, qui a vu cette firme d'analyse de données détourner celles de quelque 87 millions d'utilisateurs de Facebook à des fins politiques.  

Mark Zuckerberg a insisté lors de sa présentation que l'objectif de Facebook était "de s'assurer de la sécurité des utilisateurs".  "Ce qui est arrivé avec Cambridge Analytica est une grave violation de notre confiance. Ce développeur s'est approprié des données et les a vendues et nous devons nous assurer que cela ne se reproduira plus", a-t-il souligné. "Comme vous le savez tous, nous avons réduit le volume de données que les développeurs peuvent demander aux gens", a-t-il rappelé, tout en concédant qu'"il y avait encore des mesures à prendre". 

Parmi les nombreuses applications dévoilées mardi, Facebook Messenger va désormais offrir une fonction de traduction. 

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