C’est une journée qui a bien mal commencé à cause du seul film américain en compétition : « FAIR GAME » de Doug Liman avec Naomi Watts et Sean Penn dans le rôle de ce couple américain qui défia l’administration Bush à propos des prétendues armes de destruction massive irakiennes.

Doug Liman
Doug Liman © Radio France / Jean-Paul Pelissier / Reuters

Est-il bien raisonnable de faire au total 2 000 kilomètres aller-retrour avec des moyens de transport plus ou moins polluants (!) pour voir un film pour lequel même sur TF1 un dimanche soir en VF on ne se déplacerait pas ? Mais que vient-il faire dans la compétition cannoise ? sinon assurer une montée des marches glamour de Naomi et Sean, ce dernier étant … absent ! On nous assure que c’est le seul film américain qui pouvait être retenu. Et on a du mal à la croire. N’importe quel premier petit film issu de la production indépendante américaine, même bâclé, même mal foutu, recèlerait à coup sur plus de cinéma que ces 96 minutes de téléfilm sans intérêt. Rien ne tient, pas même les acteurs à force de ne pas être dirigés. Alors on contemple ce désastre en se tassant progressivement au fond de son fauteuil rouge, en songeant à ce qu’aurait fait un Pollack ou un Lumet d’un tel sujet. Et puis votre œil s’anime lors du générique de fin où le malheureux réalisateur dans un dernier geste d’une inconscience totale donne à voir le véritable témoignage de la véritable Valerie Plame incarnée par Watts le reste du film. On se dit alors qu’on rêverait de voir cette archive dans son intégralité et dans sa toute puissance. A rebours du pauvre spectacle de marionnettes auquel on vient d’assister malgré soi. Ce film, comme hélas un certain nombre d’autres présentés cette année en compétition officielle, ne peut faire naître qu’une seule question : mais que vient-il faire sur la Croisette ?

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