Les futuristes et observateurs du monde de l'information en font l'hypothèse. Les medias manquent de puissance face aux GAFA notamment, mais pas seulement.

Les GAFA sont les plus importants diffuseurs d'information... et de désinformation
Les GAFA sont les plus importants diffuseurs d'information... et de désinformation © Pxhere

Elle s'appelle Amy Webb et c'est l'une des célébres futuristes américaines. Lors d'une récente conférence elle ne donnait aucune chance aux médias traditionnels de survivre dans le monde de l'internet tel qu'il est aujourd'hui. 

Pourquoi ? Pour deux raisons :

- Ils ne sont pas forcément en mesure de gagner la bataille de la "visibilité" sur la toile.

- Ils ne sont pas dotés des outils d'intelligence artificielle qui leur permettraient de surnager dans l'océan des fake news . 

La désinformation  comme arme 

Google aurait remarqué que des dizaines de milliers de dollars provenant de capitaux russes ont été dépensés en achat de publicités sur des plateformes telles que YouTube. L'objectif aurait été  de peser sur  l'élection présidentielle des Etats-Unis. 

En Allemagne ces jours-ci, les chercheurs ont débusqué un réseau de bots russes, qui utilisent des  comptes automatiques sur Twitter pour diffuser des publications en masse. 

Le site pro-russe Sputnik ne se gêne pas de son côté pour dénoncer les puissances étrangères qui se cacheraient derrière les faux-comptes de ses ambassades, regrettant qu'il n'y ait pas d'outils simples pour réclamer leur disparition. 

Désormais la cyberguerre va bien au delà de l'espionnage de mails ou la traque de secrets industriels. 

Il s'avère qu'un groupe, ou Etat, peut mener une campagne de désinformation de masse. Allonrs plus loin encore : demain on pourra faire dire ce que l'on veut à un personnage que l'on croit authentique, comme Barack Obama par exemple.

La guerre de la vérification passe par l'intelligence artificielle

Pour Eric Sherer, "espion du futur" chez France Télévisions,  et responsable de la revue MetaMedia, les medias vont avoir à se doter de nouveaux outils pour que leurs journalistes restent opérationnels. "Nous sommes dans un monde où un écrit, une vidéo, un son, une photo, peuvent être des faux. Il faut pouvoir vérifier sa provenance exacte, qui l'a écrit ou fabriqué. L'intelligence artificielle fournit des outils de ce type, mais pour l'instant, aucune rédaction européenne n'en est dotée", explique-t-il .

La vérification, si elle fait partie du métier de journaliste, va devenir de plus en plus difficile à exercer, pour des professionnels non-formés à ces nouveaux types d'astuce et de falsification. C'est donc la bataille de l'intelligence artificielle qu'il leur faudrait gagner. Pour l'instant les deux pays en pointe sur ce terrain, sont les Etats-Unis et la Chine. 

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.