Jean-Louis Trintignant a perdu sa fille Marie l'été 2003 et vit depuis comme un vieillard, mais heureusement il vit. A Uzès, confie-t-il, il prend sa voiture pour aller écouter le silence de la nature, portière ouverte, moteur éteint, les roues dans une rivière. Mais le désir de dire les poètes ne quitte pas ce grand contemplatif (à qui l'on doit par ailleurs un côtes du Rhône, "Rouge garance", avec des amis vignerons). S'il vient à Paris actuellement, c'est pour faire entendre à nouveau le "Journal" de Jules Renard, aux points de vues acérés et insolents sur les femmes, l'art et la société, sur la scène du Théâtre du Rond Point. Entouré de trois acteurs de qualité, il semble heureux, facétieux comme un enfant, malgré le corps qui se courbe et se déplace difficilement. Hélas, son hôte, le directeur du lieu, Jean-Michel Ribes, a cru bon d'insérer entre deux saillies de Renard sa propre prose. Quelques textes courts qui veulent rivaliser avec le maître ou avec Alphonse Allais, plusieurs fois cité. Jamais vu ça : un directeur auteur qui s'invite au milieu du repas alors que personne ne l'a convié à table. Laissez-moi ouvrir le dictionnaire le Robert... "Fat : qui montre sa prétention de façon déplaisante et quelque peu ridicule. Personne qui affiche une très haute opinion de soi, sans raison et de manière ridicule".

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