Une salle de shoot au Mexique
Une salle de shoot au Mexique © Reuters / Jose Luis Gonzalez

Après le feu vert du gouvernement pour expérimenter une "salle de shoot" à Paris, beaucoup font feu sur le projet. Si Marisol Touraine a salué l'initiative de la ville, la droite se déchaîne contre la politique "du mal par le mal".

Les salles de shoot ne sont pas encore ouvertes, mais elles sont déjà dans le viseur de l'opposition. Hier le gouvernement a donné son feu vert à l'expérimentation à Paris d'une salle de consommation de drogue, (ou "salle de shoot"). Un concept jusqu'à présent illégal en France mais existant dans plusieurs pays européens, dont la Suisse et l'Allemagne. La mairie de Paris avait bâti un "pré-projet" mais l'autorisation du gouvernement était nécessaire.

Dans l'entourage de Jean-Marc Ayrault, on défend d'ores et déjà "un travail préparatoire qui va permettre de confirmer la faisabilité du projet dans ses dimensions sanitaire, scientifique, sociale, économique et en terme de sécurité publique".

Ce matin sur France Inter, Marisol Touraine a rejeté les critiques.

Pas de calendrier précis pour l'instant, mais le projet pourrait se concrétiser rapidement, selon l'association de prévention et de soin en toxicomanie Gaïa-Paris, à l'origine avec Médecins du Monde du pré-projet. La salle serait ouverte dans le nord-est de Paris au printemps : "On est prêt", explique le président de l'association. "A partir du moment où le feu vert est donné, il faut compter trois mois environ pour la mise en place de cette salle, en prenant en compte la formation des équipes et le travail de pédagogie auprès des riverains."

"On n'a qu'à faire des salles de viol, des salles de crime"

Évidemment le projet ne plait pas à tout le monde, et certains s'indignent. À l'UMP, Valérie Pécresse parle "d'empoisonnement assisté". "Le gouvernement socialiste applique à la lettre la théorie du 'mal par le mal' en essayant de guérir 'l'héroïne par l'héroïne'", dénonce Camille Bedin, secrétaire générale adjointe de l'UMP.

Au Front National, la position est encore plus tranchée. "On n'a qu'à faire des salles de viol, des salles de crime", s'emporte Gilbert Collard.

Dans le 10e arrondissement de Paris, là où la salle devrait ouvrir, on accueille la nouvelle avec plus de pragmatisme.

Reportage de Géraldine Hallot.

Autre critique, celle de certains professionnels de santé. Ils dénoncent une certaine improvisation... D'autant que la France a déjà des lieux d'accueil spécialisés, contrairement à d'autres pays.

Jean-Pierre Olié, psychiatre à Sainte Anne et responsable du groupe de travail sur les salles de shoot (au micro de Valérie Cantié).

C'est la Mildt (Mission interministérielle de lutte contre les drogues et toxicomanies) qui est chargée de mettre en place cette expérimentation, sous la houlette du ministère de la Santé. Le dispositif doit permettre de réduire la mortalité, les infections et le risque "d'injections sauvages" dans les rues en permettant aux toxicomanes de consommer leurs produits dans de meilleures conditions d'hygiène et sous la supervision de médecins, d'éducateurs et d'infirmières.

Entre 100 et 150 personnes pourraient être accueillies chaque jour, dans une salle ouverte sept jours sur sept.

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