PARIS (Reuters) - François Fillon a défendu vendredi le travail des services de renseignements français critiqués pour ne pas avoir mis hors d'état de nuire, avant ses tueries, Mohamed Merah, pourtant connu et fiché pour son militantisme salafiste et ses voyages en Afghanistan et Pakistan.

"Il n'y avait aucun élément permettant d'appréhender Mohamed Merah" avant son passage à l'acte, a déclaré le Premier ministre au micro de RTL, avant de saluer le travail effectué par la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI).

"Les questions qui se posent et qu'il est naturel de poser, c'est d'abord la question de la surveillance de Mohamed Merah. La DCRI a parfaitement fait son travail", a estimé François Fillon.

Elle a, souligne encore le Premier ministre, identifié Mohamed Merah lorsque ce dernier s'est rendu dans la région pakistano-afghane, et l'a surveillé le temps nécessaire pour aboutir à la conclusion "qu'aucun indice ne permettait de penser que Mohamed Merah était un homme dangereux et passerait un jour à l'acte."

Plusieurs candidats à l'élection présidentielle, à l'image de Marine Le Pen (FN) et François Bayrou (MoDem), ainsi que des responsables du Parti socialiste se sont interrogés jeudi sur d'éventuelles failles du renseignement français.

"Nous vivons dans un Etat de droit et je suis étonné d'entendre des responsables politiques qui sont les premiers à s'offusquer de décisions attentatoires aux libertés en matière de fichier, en matière de surveillance, et qui voudraient qu'on surveille 24 heures sur 24 quelqu'un sans décision de justice alors qu'aucune raison ne permet de le faire", a fustigé François Fillon.

Le chef du gouvernement a toutefois appelé à tirer des enseignements sur le fonctionnement des services, sur la coordination, sur l'organisation, estimant qu'il y avait "toujours des choses à améliorer."

Nicolas Sarkozy a annoncé jeudi un renforcement de l'arsenal pénal contre l'extrémisme idéologique et le terrorisme.

Le texte sera proposé au Conseil des ministres dans une "dizaine de jours", a précisé François Fillon, et, en cas de consensus à l'Assemblée nationale et au Sénat, il pourrait être soumis au vote avant l'élection présidentielle.

Dans le cas contraire, le texte "sera prêt à être voter dès que le parlement issu des élections législatives sera convoqué", a dit le chef du gouvernement.

Marine Pennetier, édité par Henri-Pierre André

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