Le film de Rithy Panh : "Duch, maître des forges de l'enfer" nous place face à un bourreau, lui même filmé en face par l'une de ses victimes. Sans colère, sans émotions, sans agacement, le réalisateur tente de nous montrer l'indicible.

1h43 minutes de plan serré sur Duch, responsable du camp S-21 qui fit l'objet d'un autre film de Rithy Panh en 2003. Duch parle, confesse, semble regretter, se justifie aussi. Il pensait réeellement être utile à une idéologie à laquelle il croyait dur comme fer.

Affiche du film de Rithy Panh: "Duch, maître des forges de l'enfer"
Affiche du film de Rithy Panh: "Duch, maître des forges de l'enfer" © Les Acacias

Duch dit aussi préférer oublier cette période, il rit parfois, et demande pardon, sans que le spectateur y croie vraiment. Il lit ses popres comptes rendus de torture que la machine de mort khmère rouge fit subir à des dizaines de milliers de cambodgiens passés par ses geôles.

Une confession choc, entrecoupée d'images d'archives et de photos de quelques uns des 12 380 hommes, femmes et enfants décédées à S-21, qui fut autrefois un lycée. Une confession sans un mot de trop, sans jugement, nue. Ce qui la rend d'autant plus choquante: Rithy Panh a filmé un homme qui parle de son inhumanité même.

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barre blanche © Radio France

"Chercher à comprendre la mécanique du mal", c'est ce qu'a tenté de faire Rithy Panh. Le reportage d'Isabelle Pasquier.

Rithy Panh cinéaste est également l'auteur des "Gens des rizières", "Bophana", "S21-La machine de mort khmère rouge", dont la sortie fut un évènement en 2003, et "Un barrage contre le Pacifique".

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