[scald=97725:sdl_editor_representation]par Pascal Liétout

BRÊME, Allemagne (Reuters) - L'équipe de France de football passe mercredi à Brême face à l'Allemagne un examen de passage qui l'éclairera peut-être sur son véritable niveau à trois mois du Championnat d'Europe des nations.

Malgré une série de 17 matches sans défaite, les Bleus peinent à convaincre spécialistes et supporters, déçus par la qualité du jeu produit depuis l'arrivée de Laurent Blanc aux manettes il y a un an et demi.

L'Allemagne, avec son parcours impressionnant lors des éliminatoires de l'Euro - dix matches, dix victoires -, constitue donc le test idéal pour un groupe finalement assez à l'aise face aux grandes équipes en amical.

Tout en peinant dans la phase qualificative contre la Biélorussie ou la Bosnie, la France a dominé l'Angleterre à Wembley ou encore le Brésil à Paris.

Les Français plus performants contre les grands que contre les petits ? Laurent Blanc n'est pas loin de le croire.

"Jouer l'Angleterre ou l'Allemagne, ça donne un piment supplémentaire", dit le sélectionneur, qui ne part pas battu face à une formation deuxième au classement mondial, alors que la France est 17e.

"On va essayer de jouer contre l'Allemagne comme on essaie de jouer contre les autres équipes. On va jouer pour être meilleurs qu'eux, sinon on prendra une correction", assure-t-il.

De nombreux titulaires seront absents de part et d'autre sur la pelouse du Weserstadion.

La France est partie à Brême sans ses principaux atouts offensifs - le Madrilène Karim Benzema et le Marseillais Loïc Rémy-, l'occasion pour le Montpelliérain Olivier Giroud, meilleur buteur du championnat de France, de marquer des points en vue de la sélection pour l'Ukraine et la Pologne cet été.

LES ALLEMANDS SEREINS

Joachim Löw, l'homologue de Laurent Blanc, présente une liste de défections encore plus longue. Le capitaine Philipp Lahm, le milieu de terrain Bastian Schweinsteiger, le meneur de jeu Mario Götze et l'attaquant Lukas Podolski sont tous blessés.

Mais, contrairement à son alter ego français, Joachim Löw ne ressent guère la pression, même si l'Allemagne n'a pas remporté un titre majeur depuis l'Euro 1996 en Angleterre et si elle n'a pas battu son voisin d'outre-Rhin depuis 1987.

"Bien sûr que nous voulons remporter cette rencontre, mais dans cette affaire d'autres aspects sont plus importants. Le résultat n'a aucune importance pour l'Euro", estime-t-il.

Face à une telle sérénité, la France se présente en "outsider", selon le terme de Laurent Blanc. "Il faudra répondre dès le début du match au combat physique qu'ils vont nous imposer", dit le sélectionneur français.

Ce dernier fait une nouvelle fois de la possession de balle la clé de la rencontre. "Il faudrait éviter qu'ils aient le ballon, car c'est une équipe qui aime jouer, qui va de l'avant", souligne-t-il.

Apôtre lui aussi du "beau jeu", Laurent Blanc va peut-être devoir réviser ses plans de jeu pour tenir compte du niveau moyen de ses joueurs, et miser sur la contre-attaque.

Avec un Franck Ribéry en pleine forme et le retour au centre de la défense du Milanais Philippe Mexès, les Français pourraient s'appuyer sur leurs forces, une défense peu perméable et des attaquants rapides.

Avec un peu de culot et de la réussite, les Bleus passeraient alors leur examen de passage avec mention bien et présenteraient ainsi un carnet de notes plus flatteur à l'orée de l'Euro.

Edité par Tangi Salaün

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