En Méditerranée, le C-Star, un bateau avec à son bord des militants d’extrême droite, sillonne les eaux internationales pour empêcher «les migrants d’accoster en Europe».

«Stop the Human Trafficking» affiche le C-Star alors qu'il naviguait en Méditerranée, dans les eaux internationales au large de la côte libyenne, le 5 août 2017.
«Stop the Human Trafficking» affiche le C-Star alors qu'il naviguait en Méditerranée, dans les eaux internationales au large de la côte libyenne, le 5 août 2017. © AFP / Angelos Tzortzinis

La situation est un peu surréaliste en Méditerranée : un bateau avec à son bord des militants d’extrême droite, le C-Star, sillonne les eaux internationales pour empêcher, disent-ils, « les migrants d’accoster en Europe ». Leur but : refouler les réfugiés vers l’Afrique. Actuellement, ils se trouvent au large de la Tunisie où des pêcheurs veulent faire barrage à ces militants radicaux.

Les pêcheurs tunisiens se sont rassemblés le 6 août 2017 dans le port de Zarzis, dans le sud-est de la Tunisie, pour protester contre l'arrivée du navire C-Star.
Les pêcheurs tunisiens se sont rassemblés le 6 août 2017 dans le port de Zarzis, dans le sud-est de la Tunisie, pour protester contre l'arrivée du navire C-Star. © AFP / FATHI NASRI

Ce qui choque François Gemenne, chercheur en sciences politiques à l’Université de Liège en Belgique, c’est l’impunité dont ils semblent bénéficier. Il répond au micro de Pierrick Bonneau :

« Cela paraît délirant : on pensait avoir tout vu dans cette crise, mais il semble qu’on puisse aller encore un peu plus loin dans l’horreur. Ces gens semblent pouvoir agir en toute impunité. On a d’un côté les gouvernements européens qui réclament un code de bonne conduite aux ONG, qui sont là pour sauver les migrants de la noyade, et d’un autre côté, ces identitaires qui condamnent à une mort des migrants en empêchant leur sauvetage et qui semblent pouvoir agir en tout impunité.»

Les identitaires qui agissent aujourd’hui Méditerranée n’ont absolument aucun mandat : c’est une sorte de milice privée, qui est dans l’illégalité la plus totale si elle tente de s’interposer aux autres bateaux. François Gemenne

Que peut-on faire pour les arrêter ?

« Les gouvernements par exemple pourraient demander aux patrouilles de Frontex* ou de l’OTAN, d’arraisonner le bateau. Leurs patrouilles sont sensés surveiller les frontières extérieures de la Méditerranée, je m’étonne de voir leur inaction face à ces agissements. »

*Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes.

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