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PARIS, 3 avril (Reuters) - France 2 a annoncé mardi qu'elle inviterait les dix candidats à la présidentielle en deux groupes de cinq dans son émission politique "Des Paroles et des Actes", répondant ainsi partiellement à l'appel du dirigeant centriste François Bayrou. Les dix candidats à la présidentielle s'exprimeront séparément pendant 20 minutes lors d'un "grand oral" les 10 et 12 avril ou les 11 et 12 avril, précise la chaîne publique dans un communiqué. "Le candidat socialiste à l'Elysée François Hollande, et le chef de l'Etat sortant, candidat à sa réélection, Nicolas Sarkozy, participeront chacun à un débat différent", ajoute la chaîne publique. France 2 projette d'organiser par la suite une spéciale "Mots croisés" avec les candidats ou leurs représentants mais les modalités de l'émission ne sont pas encore arrêtées. François Bayrou, dont le pari d'accéder au second tour de la présidentielle semble compromis, avait auparavant mis en accusation les médias français et "exigé" de France 2 qu'elle organise un débat entre les dix candidats à l'Elysée sous peine de saisir le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) ou le Conseil d'Etat. Déjà en 2007, le "troisième homme" (18,57%) d'alors avait accusé les médias, notamment la chaîne privée TF1, "d'imposer un deuxième tour tout fait auquel les Français ne sont pas ralliés du tout". Le candidat centriste a usé des mêmes arguments lundi soir lors d'un meeting à Dijon (Côte-d'Or) avant de durcir le trait mardi. "Cela fait des mois et des mois qu'on nous balade en nous présentant un deuxième tour tout fait", a-t-il lancé à Dijon. Sur RTL, mardi matin, le président du Mouvement Démocrate, qui est crédité de 10% à 12% d'intentions de vote à 19 jours du premier tour, a dénoncé "une entente clandestine entre François Hollande et Nicolas Sarkozy pour ne pas débattre". Quelques minutes plus tard, sur La Chaîne parlementaire, il s'en est pris au "monde médiatique" qui "ne fait pas son boulot". "Lui aussi prend sa part de responsabilité". **"IRRECEVABLE"** François Bayrou, qui estime qu'un débat télévisé serait à même de le relancer, est furieux du projet de France 2 d'organiser une émission spéciale "Mots croisés" le 16 avril avec les dix candidats ou leurs représentants. Pour le député béarnais, "il n'existe aucune excuse d'aucune sorte pour la télévision publique de ne pas se rendre à ses obligations". Rappelant que France 2 avait organisé à l'automne dernier un débat entre les six prétendants à la primaire d'investiture socialiste, en première partie de soirée, il a sommé la direction de la chaîne d'organiser un débat en bonne et due forme. Il a précisé sur RTL qu'il demanderait, le cas échéant, au CSA puis au Conseil d'Etat de "faire respecter la loi". L'ancienne journaliste Christine Kelly, membre du CSA, a répondu que le Conseil supérieur de l'audiovisuel n'avait pas le pouvoir d'imposer quelque format que ce soit aux chaînes de télévision. "C'est la liberté éditoriale des chaînes d'organiser ou pas des débats". C'est Nicolas Dupont-Aignan, le président de "Debout la République", qui avait proposé le premier, dans un courrier aux neuf autres candidats, un "grand débat contradictoire". Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen s'y sont dits favorables. "L'idée qu'on pourrait aller au premier tour de l'élection présidentielle sans avoir eu de débat entre les candidats (...)est une idée absolument irrecevable", a martelé mardi François Bayrou lors d'une conférence de presse consacrée à son projet de loi-cadre sur la moralisation de la vie publique qu'il entend soumettre à référendum le 10 juin, s'il est élu. Le candidat centriste, qui considère qu'on "vole" la campagne aux Français, n'a pas apprécié la "une" de lundi du quotidien Libération, qui, pour évoquer sa situation délicate, titrait en petits caractères, au centre d'un grand à-plat orange, couleur du MoDem : "Bayrou perdu au milieu". L'équipe de campagne de François Bayrou a répliqué dans la soirée sur la page d'accueil de son site internet en rééditant la Une du quotidien avec ce titre - "Les journalistes perdus en sarkholland" - et cette injonction du candidat : "Les derniers mois ont été multiplication de sujets de diversion pour le pays, pour éviter de regarder en face les vrais problèmes". Sophie Louet, avec Elizabeth Pineau et Emmanuel Jarry, édité Par Gérard Bon
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