PARIS, 9 septembre (Reuters) - François Hollande s'est efforcé dimanche de répondre aux critiques sur son manque de réactivité face à la crise en donnant rendez-vous aux Français en 2014, date à laquelle la France aura selon lui franchi une étape majeure vers son redressement après un tour de vis fiscal sans précédent en 2013.

L'intervention de François Hollande par Cyril Graziani

Empruntant à la stratégie adoptée par l'ancien chancelier allemand Gerhard Schröder en 2002, le chef de l'Etat a indiqué que malgré une croissance plus faible que prévu en 2013, "sans doute 0,8%", la France tiendrait ses engagements budgétaires et procéderait à des réformes structurelles.

"L'agenda du redressement, c'est 2014", a-t-il souligné lors d'un entretien au journal de 20 heures de TF1 où il a détaillé une série de mesures fiscales, comme la taxe de 75% sur les revenus supérieurs à un million d'euros.

Cette contribution prend sa part dans l’agenda du redressement, selon François Hollande

__ Bernard Arnault, première fortune de France, a confirmé samedi son choix de demander la nationalité belge et certains ont vu dans sa décision une conséquence du gouvernement socialiste de taxer à 75% les Français les plus riches, une idée que le chef de l'Etat a rejetée. Le PDG du groupe de luxe français LVMH, Bernard Arnault, "aurait dû bien mesurer ce que signifiait" son choix de demander la nationalité belge, a estimé François Hollande. "Beaucoup de Français ont pensé qu'il abandonnait cette nationalité. Il vient de faire la correction qui s'imposait", a ajouté François Hollande. "M. Arnault a dit lui même qu'il prendrait sa part, qu'il donnerait sa contribution", a-t-il dit. "Ce n'est pas la mesure des 75% qui est en cause et ceux qui ont voulu ouvrir une polémique en sont pour leurs frais". _Le chef de l’Etat en a appelé au patriotisme en cette période de crise_
François Hollande a annoncé que l'effort de 30 milliards nécessaire au budget 2013 serait partagé en trois - 10 milliards d'économies, 10 milliards de prélèvements supplémentaires pour les grandes entreprises et 10 milliards pour les ménages aisés. L'entretien, le premier de ce type depuis le 14 juillet, a eu lieu alors que commence lundi une session extraordinaire du Parlement pendant laquelle le plan pour le logement et la création des "emplois d'avenir" destinés aux jeunes sans qualification devraient être votés. Le président n'a pas exclu l'idée d'une hausse de la Cotisation sociale généralisée (CSG), et évoqué des "prélèvements écologiques" afin de trouver des ressources "qui puissent se substituer aux prélèvements sur le travail". La CSG est prélevée sur tous les revenus, y compris ceux provenant du patrimoine, contrairement à l'impôt sur le revenu. **"EN SITUATION DE COMBAT** Alors que la barre des trois millions de chômeurs vient d'être franchie, le chef de l'Etat a donné aux partenaires sociaux jusqu'à la fin de l'année pour trouver un "compromis historique" sur la réforme du marché du travail. Sinon, a-t-il dit, "l'Etat prendra ses responsabilités". Le sens de la réforme - les entreprises disposeraient plus de souplesse si elles font un effort en faveur de l'emploi - est celui en vigueur en Allemagne depuis 2002 dans l'"Agenda 2010". Le président a promis "un agenda de redressement" de la France sur "deux ans" et d'accélérer en conséquence le train des réformes pour répondre à "l'impatience" et aux "inquiétudes" des Français face à la crise. "Je suis en situation de combat", a-t-il dit. _François Hollande veut donner le cap du redressement du pays_
Interrogé sur le style de sa présidence, François Hollande à tenu à affirmé qu'il serait en première ligne aux côtés de son Premier ministre Jean-Marc Ayrault, rompant avec le partage des rôles instauré au début de son mandat. Elu contre Nicolas Sarkozy avec 51,6% des voix il y a quatre mois, François Hollande a vu sa cote de popularité chuter après un été qui a donné l'impression d'une pause dans les réformes et une rentrée marquée par des tensions au sein du gouvernement. François Hollande perd ainsi 14 points dans un sondage OpinionWay à paraître lundi dans Metro. Le chef de l'Etat recueille 46% d'opinions favorables contre 40% d'opinions négatives (+9), tandis que l'action du Premier ministre est jugée favorablement à 46% et défavorablement à 33% (+8). Elizabeth Pineau, Julien Ponthus et Sophie Louet, édité par Yves Risse
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.