françois hollande décline une “offensive” à l’échelle européenne
françois hollande décline une “offensive” à l’échelle européenne © reuters

François Hollande a proposé jeudi la mise en place d'un gouvernement économique de la zone euro et indiqué que la France était prête à donner "un contenu" à l'union politique européenne que l'Allemagne appelle depuis longtemps de ses voeux. Il a également écarté l'hypothèse d'un remaniement imminent du gouvernement, confirmé que la croissance serait nulle en 2013 et que les Français devraient travailler plus longtemps avant de partir à la retraite.

François Hollande s'exprimait devant 400 journalistes pour la deuxième conférence de presse de son quinquennat.

Les annonces

François Hollande a déclaré entrevoir une croissance "sans doute nulle" en 2013 et dit son intention d'obtenir "le plus haut niveau de croissance" possible plutôt que de faire des prévisions. Alors que le gouvernement prévoit une croissance de 0,1% pour cette année, il a dit vouloir "croire" au chiffre de 1,2% avancé pour l'année 2014.

François Hollande a affirmé:

Plutôt que me livrer au jeu des pronostics, je préfère me concentrer sur les objectifs.

Le président a ajouté que son souci n'était pas "un peu plus ou un peu moins (de croissance) mais que demain on fasse le plus haut niveau de croissance possible". Il a cité au nombre des outils à mettre en oeuvre dans ce but les emplois aidés, la relance de la compétitivité et le plan d'investissement sur 10 ans que le gouvernement doit annoncer en juin. __

Ecoutez l'analyse de Marc Fauvelle

François Hollande s'est porté à "l'offensive" sur le front européen en s'engageant, à l'unisson d'Angela Merkel, à donner corps à une union politique dans les deux ans avec le renfort d'un gouvernement économique de la zone euro. Le chef de l'Etat a souhaité que le délai de deux ans accordé par Bruxelles pour la réduction du déficit public français à 3% du PIB soit l'occasion d'"un rebond", via le plan d'investissements sur dix ans que Jean-Marc Ayrault devra présenter en juin.

Le président de la République a déclaré:

Ce n'est pas un répit, c'est un rebond, une opportunité pour une reprise plus rapide en France et en Europe. L'an II, ce doit être l'offensive.

Frappé par une désaffection sans précédent dans la Ve République à ce stade du mandat présidentiel, François Hollande a assuré prendre la mesure des doutes, de la "détresse", des Français dans un contexte de récession, mais il a réaffirmé sa foi en une inversion de la courbe du chômage d'ici fin 2013, un objectif que les économistes jugent intenable.

Ecoutez les propos de François Hollande sur l'Union européenne

__ _Revoyez l'allocution du président de la République_
**Les réactions** Jean-Louis Borloo, président de l'Union des démocrates et indépendants (UDI), a déclaré : > Il y avait un côté Ray Ventura 'Tout va très bien Mme la Marquise" extrêmement surprenant par rapport à la situation. Je regrette que la mesure de la récession ne soit pas prise en compte. (...) En résumé, un bon exercice démocratique qui va au fond des choses mais en total décalage avec la récession. Christian Jacob, président du groupe UMP à l'assemblée nationale a déclaré dans un communiqué : > Le Président de la République est une nouvelle fois apparu tel qu'il est: attentiste, indécis et inapte à l'action. Après son passage peu convaincant devant la Commission européenne, François Hollande a sorti de son chapeau une initiative européenne aussi approximative qu'impréparée. Par ailleurs, sur le plan intérieur, nous nous attendions à des annonces précises et à un calendrier d'actions. Il n'y en a eu aucun. _Selon l'ancien ministre de la Défense, Gérard Longuet,François Hollande ne vit plus dans la réalité_
Le parti Europe Ecologie les Verts a écrit dans un communiqué : > Europe Ecologie-Les Verts prend acte de la volonté affirmée par le président de la République de placer l'an II du quinquennat sous le signe de l'offensive. L'ancrage européen qu'il veut donner à cette offensive et le refus de l'austérité comme remède à la crise doivent être salués. De même, l'affirmation que la France veut une intégration politique renforcée, un gouvernement économique, une harmonisation fiscale de la zone euro et une communauté européenne de l'énergie axée sur les renouvelables sont des signes forts pour les écologistes. Cependant, faute d'un diagnostic juste sur les raisons réelles de la crise, l'offensive annoncée est encore trop timide. _Ecoutez la réaction du sénateur Europe Ecologie les Verts, Jean-Vincent Placé_
Sur Europe 1, Jean-Luc Mélencon, co-président du Parti de gauche, a déclaré : > La journée n'a pas été bonne pour moi ni pour personne de mon bord, ce matin l'enterrement de l'amnistie sociale et cet après-midi la confirmation de la conversion libérale de François Hollande. Sur l'Europe, j'ai écouté attentivement ce qu'a dit le président de la République. Il présente comme une initiative venant de lui ce que je suis obligé de rappeler comme étant une initiative de Mme Merkel. Car l'idée d'un gouvernement économique européen ayant des pouvoirs (...) c'est l'idée que Mme Merkel avait lancé en novembre 2011. __ _Martine Billard, co-présidente du Parti de Gauche, évoque une nouvelle reculade sur l'amnistie sociale_
Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, a écrit dans un communiqué : > Alors que la France est en récession, que le pays traverse une crise toujours plus violente avec des conséquences dramatiques pour les Français, le Président refuse une nouvelle fois de voir la réalité en face. Il n'annonce rien, pire, il persiste et signe. Sur BFM-TV, Florian Philippot, vice président du Front national s'est exprimé : > C'est une fable (...) Une fédéralisation de la zone euro, un impôt européen, les Français apprécieront au passage d'apprendre qu'il y aura un nouvel impôt européen, une mutualisation de la dette, de nos dettes avec des pays comme la Grèce, l'Espagne. C'est l'inverse qu'il faut faire. Ce n'est pas se replier, c'est revenir au contraire dans le concert des nations, de la croissance mondiale, sortir de l'isolement européen. Aujourd'hui, il y a une seule zone dans le monde qui est en récession, c'est la zone euro.
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