PARIS (Reuters) - A quelques heures de l'intervention télévisée de Nicolas Sarkozy, la campagne de François Hollande passait dimanche par le quartier chinois de Paris, où le candidat socialiste a participé aux festivités du Nouvel An, placé sous le signe du dragon.

Entre deux rituels, un bain de foule et une citation de Confucius, le député de Corrèze a plaidé pour une relation plus équilibrée entre Paris et Pékin, notamment sur le plan commercial, s'il entrait à l'Elysée en mai prochain.

François Hollande a commencé sa visite par le rite du réveil du dragon, qui consiste à mettre de la peinture rouge dans les yeux de l'animal en papier, endormi sur le parquet d'un gymnase du XIIIe arrondissement de la capitale.

"C'est la cérémonie du baptême, qui donne vie au dragon", a expliqué un membre de la communauté chinoise.

La bête réveillée s'est ensuite agitée, entourée d'une douzaine de masques colorés en forme de lion, tandis que retentissaient les "Hollande président" au son des tambours et des cymbales.

Devant les journalistes, François Hollande a expliqué que le lion était son signe du zodiaque, le cheval dans l'horoscope chinois, mais qu'il ne se considérait pas pour autant comme quelqu'un de superstitieux.

"Je ne crois pas aux formes de prévisions qui sont parfois avancées pour se rassurer", a-t-il dit à l'adresse de ceux qui accorderaient trop d'importance à sa place de favori dans les sondages.

Silencieux sur la prestation de Nicolas Sarkozy, prévue dans la soirée à la télévision, François Hollande a cité Confucius pour évoquer son propre parcours:

"'Celui qui ne progresse pas chaque jour recule chaque jour'. J'ai retenu cette phrase", a-t-il dit. "Je veux que notre pays avance. Le rêve français, c'est d'avancer".

Evoquant dans son discours les relations sino-françaises, le candidat socialiste a plaidé pour un meilleur équilibre.

"Nous avons besoin de la Chine sur le plan international pour l'équilibre du monde (...) et, en même temps, nous avons besoin d'une relation équilibrée", a-t-il dit, évoquant notamment la situation monétaire qu'il conviendrait, selon lui, d'aborder avec les autorités chinoises.

François Hollande a passé plus d'une heure dans la cavalcade derrière une banderole de l'association des résidents en France d'origine indochinoise, saluant de la main la foule au milieu des ballons et des pétards.

Le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, est également venu assister au défilé. Les deux hommes, qui se sont retrouvés à un moment donné à courte distance, ne se sont pas croisés.

Elizabeth Pineau, édité Patrick Vignal

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