PARIS (Reuters) - A une semaine du premier tour de la présidentielle, François Hollande affirme dans une interview au Journal du Dimanche "être prêt pour présider la France" mais estime que ce serait une "faute politique et même morale" d'imaginer que l'élection est déjà gagnée.

Les précisions de Cyril Graziani

Le candidat du Parti socialiste qui est donné par les instituts de sondage comme largement vainqueur au second tour face au président-candidat Nicolas Sarkozy rappelle que son objectif est "d'arriver au premier tour et de gagner au second".

Mais, prévient-il avec prudence, "je connais tant de destins inaccomplis, tant d'ambitions contrariées, tant de seconds tours qui ne se sont pas passés comme prévu, pour doucher avec de l'eau glacée toute précipitation".

"J'assume néanmoins d'être prêt pour présider la France. Les membres de mon équipe aussi, les premiers textes sont déjà élaborés. Ce n'est pas une anticipation, c'est un devoir. L'enjeu n'est pas simplement de sanctionner un sortant mais de réussir à relever le pays dans un moment particulièrement difficile", explique-t-il dans le JDD.

Concernant son calendrier en cas de victoire le 6 mai, François Hollande précise que l'été sera le temps des réformes fiscale, bancaire et territoriale.

"Enfin, la réforme de l'Education nationale et celle des institutions viendront à l'automne", ajoute-t-il précisant qu'avant les élections législatives, le président et le gouvernement agiront par décrets "notamment pour veiller à l'exemplarité de l'Etat et à de premières mesures sur le pouvoir d'achat".

Le candidat socialiste précise qu'il reviendra sur "la hausse de TVA de 19,6% à 21,% qui représente 11 milliards (d'euros) de prélèvements sur les ménages" et qu'il ramènera la TVA de 7% à 5,5% sur les livres.

Interrogé sur les déclarations de Nicolas Sarkozy qui affirme que l'alternance présente un risque financier pour la France, Hollande déclare: "ce ne sont pas les marchés financiers qui s'affolent mais Nicolas Sarkozy".

Le candidat socialiste affirme également que l'objectif de rapatrier les soldats français stationnés en Afghanistan dès cette année "sera tenu". "J'ai pris cette décision depuis longtemps, je ne prends personne de court, je n'ai pas attendu un drame avant de décider de ce calendrier".

Concernant le rassemblement prévu dimanche sur l'esplanade du château de Vincennes, François Hollande dit simplement espérer qu'il y ait "du monde".

"La seule ferveur que je recherche est celle qui peut se lever le 6 mai prochain".

Pierre Sérisier pour le service français

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