Le G20 a pris acte de l'isolement américain, tout en réaffirmant le caractère "irréversible" de l'accord de Paris sur le climat. Macron propose un nouveau rendez-vous en décembre.

À Hambourg, les États-Unis de Donald Trump ont fait G20 à part sur la question du climat.
À Hambourg, les États-Unis de Donald Trump ont fait G20 à part sur la question du climat. © AFP / Patrick Stollarz

C'était un des grand enjeux de ce sommet des pays industrialisés à Hambourg. Le groupe des Vingt, qui représente 85 % du commerce international, les deux tiers de la population mondiale et plus de 90 % de la richesse mondiale, a trouvé un compromis sur le climat. Un compromis en forme de statu quo.

L'accord de Paris a été approuvé par l'ensemble des 195 délégations, dont les États-Unis de Barrack Obama, le 12 décembre 2015. Entré en vigueur le 4 novembre 2016, il prévoit une série d'objectifs précis et publics en matière de lutte contre le réchauffement climatique.

Mais à peine élu, Donald Trump est revenu sur les engagements de son prédécesseur, privilégiant les intérêts des États-Unis sous le slogan "America First" (L'Amérique en priorité). Et les réunions du jour, à Hambourg, n'ont eu d'autre résultat que de "prendre acte" d'une part de la sortie des Etats-Unis de ces accords et, parallèlement, de reconnaître leur caractère "irréversible".

Tout au plus peut-on lire, dans la déclaration finale du G20 que…

les États-Unis vont œuvrer pour travailler étroitement avec d'autres partenaires pour faciliter leur accès et leur utilisation plus propre et efficace des énergies fossiles, et les aider à déployer des énergies renouvelables et d'autres sources d'énergie propre.

En d'autres termes, alors que la COP21 s'est échinée à dessiner les contours d'une économie plus économe en carbone, le G20 reconnaît aux États-Unis un statut à part en la matière. Et pour cause : le pays est devenu en 2009 le premier producteur de gaz naturel au monde, essentiellement grâce à l'exploitation (très polluante) des hydrocarbures non conventionnels, le gaz de schiste notamment.

Un vrai G19 ou un faux G20 ?

C'est donc une situation inédite à laquelle on assiste : celle d'un G20 allégé d'un de ses membres, les États-Unis, dont on consent qu'il puisse suivre une voie individuelle, en se rassurant, comme l'a fait Angela Merkel : "Je me réjouis beaucoup que tous les autres chefs d'Etat et de gouvernement" s'en tiennent aux accords de Paris, a déclaré la chancelière allemande.

Vladimir Poutine, qui a jugé le compromis "optimal", a estimé en conclusion que "le travail là-dessus sera poursuivi".

Plus offensif, Emmanuel Macron, qui espérait encore samedi pouvoir "convaincre" Donald Trump, a annoncé un nouveau rendez-vous pour le 12 décembre prochain :

Un nouveau sommet afin de prendre de nouvelles actions pour le climat, notamment sur le plan financier.

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