Au lendemain de la course-poursuite qui a coûté la vie à 2 policiers sur le périphérique parisien, les gardes à vue du chauffard et de son passager ont été prolongées. "Aucune trace de freinage n'a été décelée sur les lieux", indique le Procureur.

deux pliciers de la BAC morts
deux pliciers de la BAC morts © ©PHOTOPQR/LE PARISIEN / PHILIPPE LAVIEILLE

Les deux occupants du véhicule pris en chasse, un 4x4, ont été arrêtés. Le conducteur, âgé d'une vingtaine d'année, n'avait pas de permis et était sous l'emprise de l'alcool, a indiqué le procureur de la République, François Molins.

Une enquête a été ouverte en crime flagrant pour homicide volontaire et tentative d'homicide sur fonctionnaire de police, ainsi que complicité, a-t-il précisé lors d'une conférence de presse. Selon François Molins :

Tout laisse penser que le véhicule Range Rover a percuté volontairement le véhicule Mondeo de la Bac.

Il a précisé qu'aucune trace de freinage n'avait été relevée sur les lieux.

François Molins sur I-Télé

Le conducteur âgé de 22 ans, qui avait déjà été condamné à huit reprises, dont cinq fois pour des délits routiers, conduite sans permis ou en état alcoolique, encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

"Je ne doute pas un seul instant que la justice sera impitoyable" à l'égard de ce type de comportement, a déclaré le ministre de l'Intérieur Manuel Valls à la presse. "Une nouvelle fois des fonctionnaires de police sont victimes de ce comportement (...) Ce sont des actes particulièrement graves".

Le chauffeur alcoolisé

La course-poursuite a démarré vers 06h porte Maillot, sur le périphérique intérieur, quand une patrouille de la Bac a repéré un véhicule qui roulait à vive allure et multipliait les écarts.

Elle s'est achevée entre la porte de Clignancourt et la porte de la Chapelle, dans le nord de Paris, où les fuyards ont percuté par l'arrière une autre voiture du même service. "Les autopsies révèlent une mort immédiate due à un choc extrêmement violent", a souligné François Molins.

La magistrat a estimé que la question d'un homicide volontaire se posait "très sérieusement" malgré l'état d'ébriété du conducteur :

Quand vous percutez à 150 km/h un véhicule qui roule à 20 km/h devant vous, muni d'un gyrophare, sérigraphié police, sans chercher à vous arrêter, a priori vous avez quand même certaines intentions.

Selon les premiers éléments de l'enquête, le chauffeur avait 1,4 gramme d'alcool par litre de sang alors que la limite est fixée à 0,5 grammes, et était en défaut de permis de conduire.

"Il a expliqué pendant sa garde à vue qu'il sortait d'un établissement proche des Champs-Elysées où il avait bu beaucoup de vodka", a précisé le procureur de Paris. Le passager avait également 1,6 gramme d'alcool dans le sang.

Par ailleurs, et cela n'a pas de lien avec l'accident, la voiture qu'il conduisait provenait d'une agence de location de luxe faisant "l'objet d'une enquête".

Les précisions de Franck Cognard

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