L’opposant russe et ancien champion du monde d'échec est accusé par la police d'avoir mordu un membre des forces de l'ordre lors d'une manifestation de soutien au groupe Pussy Riot

Le 17 août 2012, la police arrêtait Kasparov, coupable d’avoir manifesté en faveur des Pussy Riot
Le 17 août 2012, la police arrêtait Kasparov, coupable d’avoir manifesté en faveur des Pussy Riot © Reuters / Tatyana Makeyeva

Ces accusations ont été construites de toute pièce

Après la condamnation des "Pussy riot", il a été arrêté avec 24 autres personnes. C'est à ce moment là qu'il aurait mordu un policier. L'opposant nie les faits qui lui sont reprochés et accuse la police de l'avoir interpellé sans raison et de l'avoir battu. Garry Kasparov risque cinq ans de prison.

L'interview de Garry Kasparov par Patrick Boyer

6 min

S Kasparov ok

"Cela me fait de la peine si le policier s'est blessé à la main quand il m'a frappé à la tête", a écrit avec ironie Garry Kasparov sur son compte Twitter. Il a ajouté qu'il allait porter plainte mardi pour "diffamation" et pour protester contre son interpellation qu'il juge injustifiée.

L'interrogatoire de lundi est un premier pas: "Ensuite, le Comité d'enquête devra décider s'il ouvre une enquête criminelle à mon encontre", a indiqué M. Kasparov dans un communiqué publié sur son site Kasparov.ru. Le vice-Premier ministre russe Dmitri Rogozine semblait ne pas douter de la

culpabilité de l'opposant. "Kasparov a mordu un policier. Je vais demander au ministre de l'Intérieur de donner à la victime un vaccin contre la rage", a écrit vendredi M. Rogozine sur son compte Twitter. Un témoin s'est déclaré prêt à confirmer devant la justice que M. Kasparov a bien mordu ce policier: il s'agit du dirigeant d'une association intitulée Officiers de Russie, Anton Tsvetkov. Cette association s'est donné pour mission "d'apporter son soutien aux ministères de maintien de l'ordre" et de participer à "l'éducation patriotique de la population", selon son site web oficery.ru.

"Je n'ai pas assisté personnellement à la scène, mais l'une des mes assistantes qui était à l'extérieur a entendu un journaliste dire que Kasparov avait mordu un policier. Elle n'a pas vu l'incident mais elle a retrouvé ce policier et vu la marque de la morsure. Je suis prêt à témoigner devant un tribunal", a déclaré à l'AFP M. Tsvetkov.

La législation russe prévoit des sanctions allant d'une amende de 200.000 roubles (environ 5.000 euros) à cinq ans de camp pour l'agression d'un policier. De son côté, M. Kasparov a indiqué disposer de nombreux témoins et images vidéo prouvant son innocence.

"On peut voir dans de nombreuses vidéos sur Internet que des policiers m'ont interpellé au moment où je parlais à des journalistes et qu'ils m'ont frappé ensuite", a déclaré M. Kasparov.

"De nombreux enregistrements vidéo et photos démentent les accusations selon lesquelles j'ai agressé un policier et l'ai mordu à la main", a écrit l'opposant.

Les "Pussy Riot" condamné à deux ans de prison

Les trois jeunes femmes du groupe punk russe "Pussy Riot" poursuivies pour avoir chanté unsimulacre de prière hostile à Vladimir Poutine en février dans une cathédrale de Moscou ont été condamnées le 17 août à deux ans de prison chacune.

Les six mois qu'elles ont passés en détention provisoire seront déduits de leur peine. Le parquet avait requis le 7 août trois ans de prison à leur encontre. Leurs avocats ont annoncéqu'ils allaient faire appel du verdict. Nadejda Tolokonnikova, 22 ans, Ekaterina Samoutsevitch, 30ans, et Maria Aliokhina, 24 ans, avaient été jugées coupables vendredi de vandalisme motivé par la haine religieuse.

"Les actes de ces jeunes filles étaient sacrilèges, blasphématoires et ont violé les règles de l'Eglise", a estimé la juge Marina Syrova. "Tolokonnikova, Samoutsevitch et Aliokhina ont commis unacte de vandalisme, une grave violation de l'ordre public en faisant preuve d'irrespect évident envers la société", avait-elle déclaré un peu plus tôt, en soulignant que les jeunes femmes avaient été motivées "par la haine religieuse."

Les trois prévenues ont écouté en souriant l'énoncé du verdict et la lecture du jugement, qui a duré près de trois heures, derrière leur cage vitrée. Un homme présent dans la salle d'audience a crié "honteux!" et des centaines de manifestants massés devant le tribunal ont repris l'adjectif après l'énoncé du verdict.

Le 21 février, les trois jeunes femmes étaient entré dans la cathédrale du Christ-Sauveur à Moscou pour y interpréter, vêtues de cagoules colorées et de jupes courtes, une "prière punk", chantant "Vierge Marie, chasse Poutine, chasse Poutine, chasse Poutine !" et dansant sur l'autel de la cathédrale. Depuis, ce dernier a remporté l'élection présidentielle.

Leur procès a fait les gros titres de la presse internationale et provoqué un tollé chez les opposants à Vladimir Poutine. Plusieurs gouvernements étrangers, des associations de défense des droits de l'homme ainsi que des artistes, à l'image de Sting, Madonna, Paul McCartney ou des RedHot Chili Peppers, ont plaidé en leur faveur.

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