Le Hamas ne reconnaîtra jamais Israël et revendiquera toujours la terre de Palestine dans sa totalité, a affirmé samedi à Gaza le chef du mouvement islamiste palestinien.

Au lendemain d'un accueil triomphal après 45 ans d'exil, Khaled Méchaal a pris la parole lors d'un grand "rassemblement de la victoire" dans la bande de Gaza, deux semaines après la fin des bombardements israéliens dans l'enclave palestinienne.

"La Palestine est à nous, de la rivière (Jourdain) à la mer (Méditerranée) et du sud au nord. Nous ne ferons aucune concession, nous n'abandonnerons pas un seul pouce de notre terre", a-t-il dit lors des cérémonies marquant le 25e anniversaire de la fondation du Hamas et le début de la première intifada.

"Nous ne reconnaîtrons jamais la légitimité de l'occupation israélienne (...) Israël n'a aucune légitimité et n'en aura jamais", a-t-il ajouté au cours de cette réunion publique qui a duré quatre heures.

Devant une mer de drapeaux et une foule enthousiaste estimée à un demi-million de personnes par le Hamas, Khaled Méchaal s'est engagé à faire libérer les prisonniers palestiniens détenus en Israël, laissant présager de nouvelles tentatives d'enlèvement de soldats de Tsahal utilisés ensuite comme monnaie d'échange. L'an dernier, Israël a libéré 1.027 détenus palestiniens en échange du sergent Gilad Shalit, qui avait été enlevé en 2006 par un groupe armé de la bande de Gaza. "Nous n'aurons pas un instant de repos tant que nous n'aurons pas libéré tous les détenus palestiniens. Et nous utiliserons les mêmes moyens que par le passé", a lancé Khaled Méchaal.

A Gaza, Grégory Philipps

Des milliers de personnes, beaucoup brandissant le drapeau vert du Hamas, avaient commencé à se rassembler dès le matin sur un terrain vague au sol détrempé par la pluie, au son de chants patriotiques diffusés par des haut-parleurs. Des centaines de policiers ainsi que des dizaines de membres armés et masqués des Brigades Ezzedine al-Qassam, l'aile militaire du Hamas, entourairent la place.

De part et d'autre de la tribune officielle étaient disposés les portraits géants du fondateur du Hamas, cheikh Ahmad Yassine, assassiné par l'armée israélienne en 2004 et du chef militaire du Hamas, Ahmad Jaabari, tué par la première frappe de l'opération israélienne "Pilier de défense".

Au milieu de l'estrade, devant une maquette de l'esplanade des Mosquées à Jérusalem-Est, une réplique de roquette M75 du Hamas, utilisée pendant les affrontements, avec l'inscription "Made in Palestine". Les hostilités ont coûté la vie à 174 Palestiniens, dont plus d'une centaine de civils, ainsi qu'à six Israéliens, quatre civils et deux militaires, selon les bilans des deux camps.

Des milliers de palestiniens massés place de la Katiba à Gaza.
Des milliers de palestiniens massés place de la Katiba à Gaza. © Radio France / Grégory Philipps

Des représentants du Qatar, de la Malaisie, de la Turquie, de l'Egypte et du Bahreïn étaient présents..

Khaled Méchaal, qui a pris une part active aux négociations pendant les combats, a lui-même raffermi sa légitimité à la tête de son mouvement, même s'il assure vouloir passer la main à brève échéance. Il a qualifié vendredi sa visite à Gaza de "troisième naissance", évoquant la tentative d'empoisonnement du Mossad à laquelle il a échappé en 1997 à Amman.

Depuis le cessez-le-feu, conclu sous l'égide d'une Egypte désormais dirigée par des Frères musulmans proches du Hamas, Khaled Méchaal parle plus que jamais de réconciliation avec le Fatah de Mahmoud Abbas, président de l'Autorité palestinienne.

Dans son discours, il a rendu un hommage appuyé à l'Egypte, "notre soutien". Il a en revanche pris ses distances avec le président syrien Bachar al Assad, confronté depuis plus de vingt mois à une révolte populaire. "Le Hamas ne peut soutenir les régimes ou les Etats qui mènent une guerre sanglante contre leur propre peuple", a-t-il dit. Pendant plusieurs années, le chef du Hamas a vécu en exil à Damas, la capitale syrienne qu'il a quittée au début de cette année.

Fait sans précédent depuis 2007, des représentants locaux du Fatah, que le Hamas a évincé de la bande de Gaza, devaient assister au rassemblement de samedi.

"Si Dieu le veut (...), la réconciliation aura lieu. L'unité nationale est à portée de main", a déclaré Khaled Méchaal, vendredi, sur les ruines d'une maison détruite par un raid israélien qui a coûté la vie à 12 civils.

"Après la victoire de Gaza, il est temps maintenant de refermer le chapitre de la division et de construire l'unité palestinienne", a-t-il lancé samedi.

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lien image gregphil © Radio France
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