Quand les Goodyear offrent des fleurs aux CRS
Quand les Goodyear offrent des fleurs aux CRS © Radio France / Marion L'Hour

Environ 300 salariés manifestent devant le siège social du fabricant de pneumatiques, en marge d'un nouveau comité central d'entreprise sur la fermeture de l'usine d'Amiens-Nord. Le précédent CCE avait été marqué par des affrontements violents.

Deux semaines après un rassemblement particulièrement tendu, qui avait été émaillé de violences, c'est une nouvelle étape dans le bras de fer entre salariés et direction qui se joue ce vendredi, à Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine).

Ils sont environ 300 à avoir fait le déplacement depuis la Somme, en bus, pour dénoncer à nouveau le projet d'arrêt de l'activité de production de pneus d'Amiens-Nord. Le 7 mars, ils étaient deux fois plus. Les manifestants avaient fait 19 blessés légers dans les rangs de la police, 6 chez les manifestants. Certains étaient partis très remontés, promettant une revanche aux forces de l'ordre.

À leur arrivée dans la matinée, les salariés se sont trouvés face à un dispositif encore plus important : une quarantaine de camionettes de gendarmes mobiles, autant de CRS...

Bref un comité d'accueil particulièrement impressionnant. Mais en face, les syndicalistes sont venus... avec des roses. Le reportage de Marion L'Hour.

Car les syndicats veulent calmer le jeu : "qu'ils laissent le CCE sans policier, et il n'y aura pas de dégradation", promettait Franck Jurek, délégué CGT Amiens-Nord. D'ailleurs la manifestation s'est ouverte sous le signe de l'apaisement.

Et si les salariés reprenaient leur usine ?

L'usine d'Amiens-Nord compte près de 1.200 salariés. Et en l'absence d'un repreneur, la CGT est en train de porter les dernières touches à un projet de reprise en société coopérative.

Un projet dont les grandes lignes commencent à se dessiner : il propose de garder l'activité "pneus agricoles", la plus rentable, et de se débarasser de la partie "pneus tourisme", avec un plan de départs volontaires. Un porteur du projet évoque 800 emplois sauvés, le tout sans rien payer, puisque Goodyear économiserait des dizaines de millions d'euros en évitant les licenciement.

Le projet sera présenté officiellement aux salariés ce samedi.

En marge du conflit social, une nouvelle action en justice a été lancée jeudi.par le CCE, qui dénonce devant le TGI de Nanterre l'indigence du PSE au regard des résultats du groupe, le "transfert de production dissimulé d'Amiens-Nord vers d'autres sites du groupe, et des irrégularités dans la procédure d'information-consultation relative à la restructuration".

Derniers articles


Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.