Les amoureux des arts du monde entier vont se réjouir de cette nouvelle : Google vient de mettre à jour une de ses derniers projets, le Google Art Project. Un an après son lancement, la plateforme culturelle compte désormais plus de 30.000 œuvres d'uneimpressionnantediversité. Résolument philanthropique, le Google Art Project veut devenir un acteur majeur de la diffusion culturelle sur internet.

Pour ceux qui ne connaissent pas encore le Google Art Project, c'est une plateforme où les internautes peuvent visiter et contempler les œuvres des plus grands musées partenaires. Jusqu'à hier et grâce à la technologie Google Street View notamment, l’internaute pouvait déjà se promener dans 17 musées partenaires au milieu d’un millier d’œuvres. Avec sa nouvelle mouture dévoilée ce mardi au Musée d'Orsay, le moins que l’on puisse dire est que le Google Art Project commence à avoir fière allure : le site compte désormais plus de 30.000 œuvres et 151 musées, dont six français, sont associés à la firme américaine. On peut même visiter la Maison Blanche !

Un grand pas en avant, notamment pour les personnes dans l’incapacité de se déplacer et donc de voyager.

Autre innovation : une nouvelle qualité d’image qui permet d'admirer la finesse des tableaux et la technique des plus grands peintres.

Google Art Project
Google Art Project © Google Art Project
barre blanche
barre blanche © Radio France

Google Art Project : symbole de la diffusion culturelle

Alors que certains redoutaient une baisse de fréquentation des musées avec ce site, qui amène les œuvres d’art directement chez l’internaute, les institutions partenaires se réjouissent de cette initiative. Guy Cogeval, président des musées d’Orsay et de l’Orangerie, espère que le Google Art Project va "permettre de faire découvrir" les collections à de nouveaux publics.

Six nouveaux établissements français viennent d’entrer dans le projet : Orsay, l'Orangerie, le Quai Branly et les châteaux de Fontainebleau et Chantilly. Mais la star hexagonale, le Louvre, reste absente de la plateforme pour l’instant, la direction privilégiant le développement de son propre site internet.

Nelson Mattos, vice-président des produits et ingénierie chez Google a par ailleurs réfuté les rumeurs de monétisation des œuvres : "On a souhaité mettre nos technologies au service de la culture, pour la promouvoir et la préserver". Amit Sood, responsable du site chez Google, se félicite de cette collaboration qui laisse une certaine liberté aux musées : "Ce sont eux qui décident quelles œuvres ils ont envie d’avoir sur Google Art Project, […] ils peuvent à tout moment décider de retirer ou d’ajouter une œuvre à la plateforme.".

Une ouverture en trompe l’œil

Depuis son lancement en février 2011, le Google Art Project est pourtant critiqué. Les défenseurs du web participatif lui reprochent notamment son manque d'interactivité : les internautes n'ont aucune possibilité de commenter les œuvres ou de communiquer entre eux ou avec les musées.

Autre question cette fois-ci plus sociologique : quid de la réelle ouverture sociale de ce projet ? Existe-t-il un regain d’intérêt des classes les moins habituées à la création artistique pour les musées et la culture ? Peu de chiffres viennent éclairer cette question. Il serait intéressant de connaître le pourcentage de la population défavorisée qui a seulement entendu parler du Google Art Project. Démocratiser l’accès à la culture est louable : une telle initiative peut amener l’internaute à aller au musée voir de ses propres yeux ces chefs-d’œuvre, mais l'expérience reste limitée car il existe au final peu d’interactivité entre la plateforme et l’internaute.

Finalement, le Google Art Project n'est rien d'autre qu'un gigantesque musée, les hordes de touristes en moins. Un musée où on se promène en chaussons, de chez soi.

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