La direction de la SNCF a décidé d'attribuer une prime à certains de ces cadres habilités à conduire des trains.

TGV de la SNCF en gare de Lyon, à Paris
TGV de la SNCF en gare de Lyon, à Paris © Radio France / Olivier Bénis

Alors que la grève à la SNCF doit débuter demain soir à 19h, la direction a décidé d'attribuer une prime à certains de ses cadres afin de les inciter, selon les syndicats, à se porter volontaires pour conduire des trains les jours de grève.  

Ce type de mesures est permis par la législation. Ces cadres effectuent déjà des remplacements ponctuels de conducteurs tout au long de l'année mais l'annonce d'un tel coup de pouce financier juste avant la grève fait polémique en interne.

150 euros par mois

Tout s'est fait dans la plus grande discrétion. Mais selon les informations recueillies par Raphaël Ebenstein de France Info, la SNCF a annoncé il y a quelques jours à ses cadres "transport traction", c'est-à-dire les chefs d'équipe d'agents de conduite, qu'ils bénéficieraient désormais d'une prime mensuelle de 150€, rétroactive au 1e janvier. 

Cette prime dite de "conducteur occasionnel" était déjà touchée par des cadres de niveau supérieur.  Son montant était initialement de 120 €.

De source proche de la SNCF, on évoque la réponse à une revendication de longue date de ces cadres "traction" qui faisaient des remplacements ponctuels sans aucun bonus.

Mais certains syndicats y voient comme une manœuvre de la direction, sous forme de carotte, juste avant la grève, pour s'assurer que les cadres intermédiaires suppléeront si besoin des conducteurs grévistes. 1 cadre sur 5 avait cessé le travail lors de la mobilisation du 22 mars, un taux jugé particulièrement élevé, signe d'un certain malaise au sein de l'entreprise. La mise en place de cette prime représenterait, selon une source syndicale, un coût estimé à 10 millions d'euros par an.

Bruno Poncet, secrétaire fédéral du syndicat Sud-Rail invité ce dimanche sur franceinfo : "On sent le vent de panique à la tête de la SNCF de demander à des cadres de remplacer leurs collègues." 

Le secrétaire fédéral poursuit : "On voit bien que là ils ne savent plus comment faire annuler cette grève. C'est vraiment histoire de mettre de l'huile sur le feu. Nous ce qu'on voit c'est que la grève a pris une ampleur tellement importante du fait du mécontentement de tous les cheminots que monsieur Pépy trouve tous les ressorts pour essayer de casser les grévistes."

"Certains font l'effort de maintenir leurs connaissances pour continuer à conduire dans des situations exceptionnelles", selon Alain Krakovitch, directeur général de SNCF Transilien, "c'est normal qu'on les rémunère." Pour Alain Krakovitch. "C'est un vieux sujet de discussion. La preuve que c'est un faux procès, c'est que cette prime sera attribuée indépendamment de la grève, que le cadre conduise ou pas pendant la grève", conclut-il.

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