le président de la sncm a refusé le dépôt de bilan
le président de la sncm a refusé le dépôt de bilan © reuters
**Les navires de la SNCM passent le 1er de l’an à quai, immobilisés par une grève très suivie. Les 30 millions d’euros promis par le Premier ministre, lundi soir, n’ont pas rassuré les syndicats, qui dénoncent l’abandon du plan de sauvetage de la compagnie.** Le Premier ministre a tenté de désamorcer la grève, annoncée à la SNCM, sans succès. Dans un courrier envoyé au député PS Patrick Mennucci, candidat aux municipales de Marseille, [qui le publie sur son blog](http://patrickmennucci.fr/sncm-la-reponse-de-jean-marc-ayrault-a-patrick-mennucci/), Jean-Marc Ayrault promet 30 millions d'euros d'aide supplémentaire à la compagnie, fragile financièrement. En échange, il exige tout de même "la mise en place dans des délais désormais rapides des mesures de redressement". Ses promesses n'ont pas convaincu la CGT Marins, syndicat majoritaire, qui dénonce un "enfumage électoral". **Pour son représentant, Fréderic Alpozzo, "on est loin du compte".**
Les syndicats ont donc maintenu l'appel à la grève, reconductible. ### Plus de 4 000 clients touchés Les cinq bateaux programmés entre Marseille et la Corse, ou le Maghreb restent donc à quai. Les 48 prochaines heures, plus de 4 000 clients seront touchés. Ils ont reçus un coup de téléphone, un texto ou un mail pour les prévenir, explique la direction. Une assemblée générale a lieu jeudi, à Marseille, pour décider de la suite du mouvement. Cette grève devrait coûter 1 million d'euros à la compagnie. A ajouter aux 70 millions d'euros que la SNCM a perdu, en deux ans. ### Les très fragiles finances de la SNCM La SNCM manque de trésorerie pour commencer l'année, elle est déficitaire. Elle doit en plus rembourser [440 millions d'euros d'aides, jugées illégales, par Bruxelles](http://www.franceinter.fr/depeche-bruxelles-la-sncm-ne-te-dit-pas-merci). Pour sauver la compagnie, la direction, les syndicats et les actionnaires ont signé un accord de compétitivité, en juillet dernier. Il prévoit la commande de quatre nouveaux bateaux et la suppression de 500 postes sans licenciement. Mais l'actionnaire Véolia veut récupérer les 66% détenus par Transdev, coentreprise formée avec la Caisse des dépôts, et se désengager. Le numéro un mondial de l'eau rechigne à apporter les garanties bancaires nécessaires, préferant le scénario du dépot de bilan. L'entreprise a finalement accordé in extremis un prêt de 13 millions d'euros à la SNCM, indispensable à la poursuite de l'activité, en janvier. **Ce qui fait dire au maire UMP de Marseille, Jean-Claude Gaudin, que l'offre du gouvernement, n'est pas suffisante.**
La SNCM emploie 2 600 salariés. De son avenir dépendent aussi plusieurs centaines d'emplois indirects à Marseille et en Corse.
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