Le visage offre à l’acteur une de ses plus belles scènes . Il y fait jouer le regard, le front, la bouche, toute la figure dans une palette qui va de l’expression la plus sobre à la grimace la plus marquée. Ces sourcils qui s’agrandissent, ces lèvres qui se déforment, ces yeux qui roulent font l’espace d’un instant des traits de l’acteur un véritable spectacle, un masque en mouvement.

La grimaceest le déclencheur du rire et le vecteur de la peur , elle trahit l’étonnement et enflamme la colère. Magnifiée par le maquillage, le grimage, elle scande le texte. Elle l’illustre, l’accompagne, dit parfois plus que la voix elle-même, voire la contredit. Souvent si fugitive, si difficile à capter, elle semble entrer dans l’appareil du photographe par effraction.

Michel Serrault (Harpagon) dans L’Avare de Molière, mise en scène de Roger Planchon. Villeurbanne : TNP, 1986.

Dominique Houdart, de la compagnie Houdart-Heuclin analyse la photo et le jeu de Serrault

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Jacques Sereys (rôle-titre) dans Monsieur de Pourceaugnac,mise en scène de Pierre Mondy . Comédie-Française, 1987. Avec Roger Mirmont ( Sbrigani).

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bnf seyres grimaces © Daniel Cande / christine siméone
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