Yves Bertrand :

Il n’y avait pas de "cabinet noir" mais un groupe d’enquêtes réservées

Comploteur en chef au bénéfice de Jacques Chirac ? C’est ce qui ressort des annotations des cahiers d’Yves Bertrand. Pourtant, l’ancien patron des RG se voit en simple « serviteur de l’Etat ». Au terme de « cabinet noir », il préfère celui, moins négatif, à ses yeux, de « groupe d’enquêtes réservées » chargée des affaires sensibles…

Quand on lui demande de s’expliquer sur les mentions clairement dirigées contre les adversaires de Jacques Chirac, Yves Bertrand botte en touche, en expliquant que « ce n’était pas le souhait qu’il exprimait » personnellement, mais de simples propos rapportés ou encore des éléments d’ambiance…

Yves Bertrand

Pour Yves Bertrand, ces carnets n’étaient que des « brouillons » donnant lieu à des vérifications, pouvant parfois déboucher sur une note officielle des RG ou « une relation verbale à l’Autorité, avec un grand A ». Dans ce cadre, l’ancien patron des RG affirme, avec le plus grand sérieux, qu’il « se méfiait beaucoup des dossiers clés en main »…

Yves Bertrand

Pourquoi, dans ces carnets, faire autant de mentions sur la vie privée et la sexualité des personnalités politiques ?

Pourquoi multiplier les mentions sur la famille et le passé trotskyste de Lionel Jospin ?

« Je faisais mon métier » répond Yves Bertrand, qui affirme, avec aplomb : « Si on se contente de fouiller les poubelles de l’AFP, on n’a plus besoin des Renseignements généraux… »

Yves Bertrand

Le 26 octobre dernier, Lionel Jospin a réclamé « de façon solennelle » une « commission d’enquête » sur les activités d’Yves Bertrand. Alors qu’il était à Matignon, Lionel Jospin avait demandé (en vain) le départ d’Yves Bertrand à Jacques Chirac.

Dans les cahiers d’Yves Bertrand, parmi des allusions au financement du RPR, aux faux-électeurs du Vème arrondissement de Paris, à Pasqua ou à l’Angolagate, on trouve également des mentions sur une affaire qui a affolé le premier cercle des chiraquiens, avant la présidentielle de 2002 : le présumé compte japonais de Jacques Chirac…

Yves Bertrand

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