René Fournier habite sur la promenade des Anglais, à Nice, et il a été témoin de l'attentat. Un an plus tard, à l'heure des hommages, il est toujours dévoré par sa mémoire.

Patrouille de militaires sur la Promenade des Anglais à Nice.
Patrouille de militaires sur la Promenade des Anglais à Nice. © Maxppp / MAXPPP/RAPHAEL MANTERO

86 morts et plus de 400 blessés ont été fauchés sur la Promenade des Anglais par le camion de Mohamed Lahouaiej-Bouhlel. Mais il y a eu d'autres victimes : les témoins. Comme René Fournier un habitant qui a, tout vu, tout entendu.

La Promenade, un cimetière

Au cinquième étage de l'immeuble de René Fournier, la vue est imprenable. La Méditerranée turquoise offre un panorama idyllique sur le balcon du septuagénaire. Mais aujourd'hui pour le vieil homme, ce sont "des tombes qui sont en face". Longtemps, ce grand père aux mille vies n'a "pas pu venir au bord de sa terrasse". Cette vue imprenable sur la Promenade des Anglais tourne aujourd'hui au supplice : il a assisté impuissant aux dernières centaines de mètres du camion blanc.

"Je l'ai vu de là, tout le long, jusqu'ici où ils l'ont arrêté. Encore hier, j'en ai rêvé, je pleurais. [...] Là c'est un jeune couple, ils se tenaient par la main, que j'ai vu mourir. Je l'ai est vu vivant tous ces gens. C'était horrible. Ce salopard il les chassait, je pouvais rien faire. Je pouvais rien faire... J'aurais voulu les prendre dans mes bras, mais je pouvais rien faire." - René Fournier, témoin de l'attentat de Nice.

Mon Guernica

Le grand-père est en larmes, ravagé par cette scène effroyable de quatre minutes qui tourne inlassablement dans sa tête. Surchargé de détails terribles. Cette nuit du 14 juillet, cet appartement au cinquième étage d'un immeuble sur la Promenade des Anglais a servi de de refuge à des touristes en panique.

Depuis, René Fournier dort peu. Alors le septuagénaire s’attelle au dessin d’un mémorial, son "Guernica" comme il dit. Un soleil, de la résine, une obsession. Lui même l'avoue, "ça m'obsède", comme un cauchemar sans fin.

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