FLORANGE, Moselle (Reuters) - Le candidat socialiste à l'élection présidentielle, François Hollande, est venu vendredi dire sa "solidarité" avec les salariés d'ArcelorMittal à Florange, en Moselle, entreprise sidérurgique menacée.

La veille, les salariés avaient commencé à bloquer la sortie des expéditions de produits, peu avant la réunion d'un comité d'entreprise qui a officialisé la prolongation de l'arrêt des deux hauts-fourneaux du site.

"Je ne suis pas simplement venu vous dire ma solidarité, je suis venu vous dire ma responsabilité, parce que quand on prétend à la présidence de la République, on doit croire à son industrie, à l'industrie sidérurgique", a déclaré François Hollande au micro, juché sur le toit une camionnette des syndicats.

"On va tout faire pour que ce site, ici, puisse se développer, se moderniser, voilà mon message devant vous", a-t-il ajouté devant quelque 200 salariés et de nombreux journalistes.

Presque à la même heure, de l'autre côté du pays, le "candidat-président" Nicolas Sarkozy visitait la raffinerie Petroplus de Petit-Couronne, en Seine-Maritime, dont il a annoncé le redémarrage temporaire.

Les syndicats, qui craignent un arrêt définitif de la filière liquide en Lorraine, souhaitent interpeller les politiques à quelques semaines de l'élection présidentielle.

"On fera tout pour que Florange rouvre", avait déclaré Nicolas Sarkozy, mardi, lors d'un déplacement en Charente-Maritime.

Cultivant sa différence avec le président sortant, François Hollande a souligné la nécessité de "tenir parole, parce que c'est cela qui fera la différence au moment du choix, je l'espère, de l'élection présidentielle".

"Il y a les candidats du peuple et il y a les candidats qui prétendent servir le peuple", a-t-il ajouté.

François Hollande a réitéré sa proposition, déjà faite en janvier sur le site voisin de Gandrange, d'une loi qui permette à l'Etat d'empêcher la fermeture d'une usine rentable.

Lors du comité central d'entreprise, qui se déroulait jeudi au siège français du groupe, à La Plaine-Saint-Denis, en région parisienne, la direction d'ArcelorMittal a confirmé le maintien à l'arrêt des deux hauts fourneaux au deuxième trimestre.

Aucun licenciement n'est prévu, a dit le PDG d'ArcelorMittal France, selon qui l'arrêt temporaire concerne 500 salariés pour lesquels un dispositif d'indemnisation et d'accompagnement a été mis en place.

Gilbert Reilhac, édité par Patrick Vignal

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