la grèce au ralenti
la grèce au ralenti © reuters

Entre l'austérité grecque et la rigueur française, François Hollande est en Grèce. Il doit tenter de rétablir un semblant de confiance à la veille d'une journée de manifestations contre l'austérité. Le président français, qui sera accueilli par le Premier ministre grec Antonis Samaras en fin de matinée y apportera son message d'équilibre entre redressement budgétaire et préservation de la croissance, qui s'est jusqu'à présent heurté à la méfiance de ses partenaires allemands, une orientation qu'il espère faire accepter aux Européens pour son propre pays.

Le reportage d'Angélrique Kourounis à Athènes

La Grèce a une nouvelle fois évité la faillite en décembre grâce au soutien financier de l'Europe et du Fonds monétaire international et l'idée d'une explosion imminente de la zone euro est aujourd'hui écartée par les marchés financiers.

Mais en attendant que les gains de compétitivité réalisés au prix de réformes lourdes et de baisses des salaires se transforment en bénéfices économiques, le pays se dirige vers une sixième année de récession et le chômage poursuit son envolée.

A 27% de la population active, il est déjà plus élevé en Grèce que dans tous les autres pays de la zone euro, et les économistes prévoient que les destructions d'emplois vont se poursuivre, certains prévoyant un taux de chômage à 30%.

L'économie devrait quant à elle se contracter de 4,5% cette année, après un recul d'environ 6,5% l'an dernier, ce qui porterait à près d'un quart la baisse du produit intérieur brut du pays depuis le début de la récession en 2008.

François Hollande, dans un entretien au quotidien Ta Nea publié lundi :

En Grèce, les sacrifices demandés à la population ont été plus douloureux qu'ailleurs. L'assainissement des finances publiques est nécessaire mais ne peut suffire. C'est pourquoi des mesures de soutien à la croissance sont indispensables. Je suis venu à Athènes pour dire la disponibilité de la France à y contribuer, par une coopération entre nos administrations, par l'engagement des entreprises françaises, par la mobilisation des fonds européens

La Grèce en chiffres
La Grèce en chiffres © Radio France

La visite du président français fera nécessairement écho à celle de la chancelière allemande, Angela Merkel, en novembre, qui avait été accueillie par des manifestations hostiles en raison de l'intransigeance dont ont longtemps fait preuve les autorités allemandes à l'égard de la Grèce.

François Hollande et son gouvernement affronteront quant à eux vendredi le verdict de la Commission européenne, après l'aveu la semaine dernière de l'impossibilité de réduire comme promis le déficit public à 3% du PIB fin 2013 du fait d'une croissance économique bien plus faible qu'espéré il y a quelques mois.

Les autorités françaises, qui dialoguent avec la Commission, s'attendent à devoir présenter en avril une trajectoire des finances publiques bien plus précise sur la réduction des dépenses et les réformes structurelles que ce qu'elles ont dévoilé jusqu'à présent.

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