PARIS (Reuters) - François Hollande a pris jeudi le plus de distance possible avec le président Nicolas Sarkozy, qu'il évite soigneusement de nommer, reconnaissant qu'ils étaient tous deux de la même génération sans être pour autant complices.

La page de cinq ans de 'sarkozysisme' "va s'effacer", a prédit le candidat socialiste à l'élection présidentielle lors de l'émission de France 2 "Des paroles et des actes".

"Le mot complicité n'a pas du tout sa place", a-t-il dit à propos de ses liens avec le président de la République, avec qui il avait posé en 2005 en "une" de l'hebdomadaire Paris Match.

"Nous sommes effectivement de la même génération, nous avons été tous les deux chefs de partis, nous nous sommes confrontés", a poursuivi François Hollande. "Je ne suis pas dans une guerre civile, quand je rencontre un adversaire politique je ne considère pas que c'est un ennemi de la France, en tout cas ce n'est pas le mien".

"Aujourd'hui, il est président de la République et je ne sais pas s'il le restera et je fais tout pour que ce ne soit pas le cas", a ajouté le député de Corrèze.

Le débat Juppé / Hollande hier soir :

A un journaliste lui faisant remarquer qu'il tutoyait Nicolas Sarkozy par le passé, François Hollande a répondu : "Dans les fonctions officielles, il ne devrait pas y avoir de tutoiement".

Le député de Corrèze a expliqué qu'il ne voulait pas être seulement élu par rejet du président sortant, estimant que "l''antisarkozysme', c'est une facilité".

"Je suis pour construire, pas seulement pour régler des comptes", a-t-il ajouté.

"Une page s'est effacée ou va s'effacer, cette page va être tournée, elle a été marquée par des évènements, des incidents, parfois des provocations. Cette page va être tournée".

Elizabeth Pineau, édité par Yves Clarisse

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