PARIS (Reuters) - François Hollande a prôné mardi "l'union de tous les Français face à l'agression" après la série de meurtres dans le sud-ouest de la France qui ont fait quatre morts dont trois enfants.

Le candidat socialiste à la présidentielle, qui a mis sa campagne entre parenthèses, a dit "ne pas imaginer que quiconque" dans la classe politique veuille tirer profit des récents événements -les meurtres par un homme armé de trois militaires d'origine maghrébine et antillaise, puis d'un enseignant et de trois enfants dans une école juive.

Se démarquant du centriste François Bayrou qui a accusé une partie de la classe politique d'avoir un discours à même de faire "flamber les passions" parce qu'il y a "des voix à prendre", François Hollande a toutefois invité le "sommet de l'Etat" à faire preuve de "maîtrise" dans son vocabulaire.

"Il n'y a pas de place, pas d'espace pour le doute, pour la suspicion. Nous devons être tous unis. Il n'y a pas si souvent des causes qui peuvent nous rassembler à ce point", a déclaré le prétendant PS à l'Elysée sur RMC et BFM-TV.

"Lorsqu'il y a une agression, une horreur, un acte raciste antisémite, nous devons tous être rassemblés", a-t-il ajouté. "Je ne veux pas faire d'analyse des causes, ce n'est pas le moment".

François Hollande s'est rendu lundi à Toulouse et il a assisté dans la soirée à une cérémonie dans une synagogue parisienne en présence du président de la République, son principal adversaire dans la campagne électorale en cours.

Il a annoncé qu'il assisterait dans une école à la minute de silence observée dans tous les établissements scolaires ce mardi à 11h00.

"Si je suis appelé à des responsabilités importantes pour mon pays, jamais je ne devrai oublier ces images", a-t-il souligné. "Nous ne devons rien n'oublier ni des causes, ni des assassinats, ni des conséquences".

INSTRUMENTALISATION ?

Citant Albert Camus -"Ne pas nommer les choses c'est ajouter encore au malheur au monde"- il a demandé d'avoir le courage de se confronter aux problèmes posés par ces crimes.

"L'antisémitisme, le racisme, ça existe, le passage à l'acte est heureusement exceptionnel", a-t-il fait remarquer.

A la question de savoir si les drames de Toulouse et Montauban pouvaient être instrumentalisés dans la campagne électorale, il a déclaré : "Je ne veux même pas l'imaginer".

"Il n'y a pas de raison de penser qu'un candidat voudra en faire une utilisation partisane", a-t-il ajouté.

François Hollande a toutefois reconnu qui'"il y a des mots qui peuvent avoir des conséquences, qui influencent, qui pénètrent, qui libèrent".

"Ceux qui ont une responsabilité doivent maîtriser leur vocabulaire", a-t-il dit, invitant "le sommet de l'Etat" à montrer l'exemple.

"Au sommet de l'Etat rien ne peut être toléré, rien: ni le vocabulaire, ni la vulgarité, ni la facilité, ni je ne sais quelle simplification", a-t-il dit à l'adresse de Nicolas Sarkozy, demandant notamment l'"exemplarité" en matière de traitement de la délinquance.

"Nous devons parler de ce qui nous élève sans rien ignorer des problèmes, des difficultés, des facilités des uns, des comportements des autres", a insisté François Hollande. "Quand il y a des facilités, des tentations d'aller chercher je ne sais quel avantage, il ne faut jamais y céder".

Elizabeth Pineau, édité par Patrick Vignal

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