[scald=108897:sdl_editor_representation]BOULOGNE-SUR-MER, Pas-de-Calais (Reuters) - François Hollande s'est élevé mardi contre toute "récupération" des drames de Toulouse et Montauban, assurant que les dossiers économiques et sociaux joueront un rôle majeur lorsque les Français choisiront leur président le 6 mai prochain.

"Les Français sont lucides, ils voient parfaitement qui est derrière le comportement de l'un de l'autre, les tentatives de récupération ou d'instrumentalisation", a dit le candidat socialiste à l'élection présidentielle lors d'un déplacement à Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais).

"Donc ils ne se laisseront pas davantage détourner par un drame terrible que par son utilisation", a-t-il déclaré lors d'un point de presse à propos des sept personnes tuées par Mohamed Merah, qui a été abattu par la police jeudi dernier.

François Hollande considère que ces événements "n'ont pas changé les conditions de l'élection".

"Les Français vont se déterminer par rapport à leur avenir, à leur vie quotidienne et donc par rapport à la politique qui a été menée depuis cinq ans", a-t-il déclaré.

Leurs priorités resteront selon lui le chômage, le pouvoir d'achat, les inégalités, la santé, "la question de la sécurité venant -et c'est légitime- parmi toutes ces priorités mais pas nécessairement au premier rang".

Auteur d'un projet dévoilé dès janvier, François Hollande refuse de multiplier les propositions "parce qu'il y aurait nécessité d'impressionner".

"JE N'UTILISE PAS LA PEUR"

"Je n'utilise pas la peur parce que je ne crois pas que c'est ce que les Français aujourd'hui veulent avoir comme réflexe. Je veux que l'élection se fasse sur le bilan et les projets", a-t-il résumé.

Lors d'un aparté avec des journalistes, François Hollande a dit considérer que les annonces multiples de Nicolas Sarkozy, "ça ne sert à rien pour un sortant".

"Dans ces cas-là c'est toujours 'pourquoi ne l'a-t-il pas fait plus tôt'", a ajouté le candidat, qui a dénoncé à plusieurs reprises "l'échec" de Nicolas Sarkozy en matière de chômage, toujours en hausse selon des chiffres communiqués lundi.

A ceux qui s'étonnent de ses esquives face aux attaques nourries du président-candidat, François Hollande estime "qu'il faut bien répliquer une fois de temps en temps".

"Mais ne vous inquiétez pas, ajoute-t-il, pensez aussi à l'entre deux-tours, là on aura le combat".

François Hollande a passé la journée à Calais et Boulogne-sur-Mer, premier port de pêche français où il promis la création, s'il est élu le 6 mai, d'un ministère de la Mer.

Il a visité l'entreprise de poisson surgelé Findus, menacée de démantèlement par le fonds de pension britannique qui la possède. Il a réaffirmé sa proposition d'une loi qui obligerait "un groupe financier, en l'occurrence l'actionnaire, qui ne veut plus d'un site, à aller devant le tribunal de commerce pour qu'un repreneur se présente et puisse pérenniser l'activité".

François Hollande devait tenir en fin d'après-midi un meeting en plein air sur les quais de Boulogne.

Elizabeth Pineau, édité par Yves Clarisse

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