Bien sûr il y a Le Cri . Ce tableau, peint par EdvardMunch en 1893, est à l’image d’une société bouleversée par la révolution industrielle, en perte de repères et d’identité, inquiète, traumatisée, affolée. Mais l’œuvre du peintre norvégien ne se résume pas à cette icône. Munch fut, avec VanGogh , l’un des précurseurs de l’expressionnisme – il aura une influence déterminante sur la peinture allemande du début du XXe siècle. Il fut aussi durant la dernière partie de sa vie, de son installation dans sa maison d’Ekely près d'Oslo, en 1916, jusqu’à sa mort, en 1944, à l’âge de 80 ans, un immense paysagiste. L’homme, passionné de théâtre, ami de Strindberg et d’Ibsen (s’inspirant des pièces de ce dernier, il réalisa des centaines de dessins, d’aquarelles et de gravures), était, à l’image des personnages créés par ces dramaturges, un être tourmenté, hanté par les démons de son enfance, effrayé par ses pulsions et que le désir de l’autre – la femme – à la fois fascinait et terrorisait. Un homme complexe, attachant, dont l’œuvre témoigne des contradictions et de la cruauté d’un nouveau monde naissant, mais dit aussi l’émerveillement face à l’éternelle beauté de la nature.

Couverture du hors série Télérama sur l'exposition Munch
Couverture du hors série Télérama sur l'exposition Munch © radio-france
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