Ruy Blas
Ruy Blas © Radio France / Christian Ganet

Il rouvre, le TNP de VIlleurbanne, dirigé par Christian Schiaretti, après 4 ans de travaux. Le Théâtre National Populaire, fondé en 1920 par Firmin Gémier, dirigé à partir de 1951 à Chaillot avec à sa tête Jean Vilar, décentralisé à Villeurbanne, en 72, sous la houlette de

Roger Planchon, rejoint par Chéreau… Le TNP, désormais l’un des théâtres les plus modernes de France avec notamment deux belles salles et des places aux prix toujours stables: de 13 à 23 euros.

Théâtre national populaire, à la devise très hugolienne: « tout pour tous ». Le « tout pour tous », choisi par le directeur et metteur en scène Christian Schiaretti, c’est "Ruy Blas", de Hugo. Ce n’est pas un choix audacieux, certes, ce n’est pas un texte contemporain, mais un classique autrefois mis en scène par Vilar avec Gérard Philipe et joué ici par un jeune acteur plein d’élan, qui se casse un peu la voix tant il donne de la fougue et de l’énergie à son personnage…Nicolas Gonzales. Il fait partie de la troupe du TNP qui réunit douze comédiens plutôt jeunes qui donnent à la pièce de Hugo une verve, un élan. Avec eux, les vers de Hugo ne sont pas empesés, au contraire… Mais pourquoi demander à la jeune reine dont Ruy blas est amoureux de jouer de manière un peu commune ? On a du mal à croire à son statut.

Comme dans tout son théâte, Hugo dans "Ruy Blas" remet en question le pouvoir établi. Ruy Blas, ce valet manipulé par son maître réussit à approcher la reine dont il est amoureux, à devenir grand seigneur et à dénoncer la médiocrité des puissants, mais à quel prix?

Christian Schiaretti invente avec Rudy Sabounghi, un décor d’azulejos: le sol, les fenêtres, les murs sont recouverts de ces immenses carreaux aux tons bleus que l’on trouve en Espagne et au Portugal. Belle idée que ces personnages enfermés dans cet espace qui représente l’oppression du pouvoir. Quand s'entrouvrent les lourdes fenêtres, la lumière traverse le plateau de jardin à cour, comme si elle cherchait à deviner ce qui se trame dans ce huis clos.

Beauté du décor, beauté des costumes, on est au XVII è siècle. Pas de faute de goût. Schiaretti offre et assume un Ruy Blas d’un classicisme total. Il ne cherche pas à moderniser la pièce de 1838 et répond à la commande : un spectacle classique, Hugo, pour la réouverture d’une institution populaire historique.

On aime la fougue et la jeunesse de la troupe parfois encore un peu fraîche, on applaudit l’expérience des acteurs plus âgés: Robin Renucci incarne Don Salluste, ce manipulateur odieux, avec une présence extraordinaire. Il est droit, implacable.

Jérôme Kirscher joue son contraire, un Don César malicieux et attachant. Il apporte de la gaieté et un brin de folie à ce spectacle un peu académique dans sa première partie.

http://www.tnp-villeurbanne.com/manifestation/ruy-blas

Dom Salluste, Robin Renucci
Dom Salluste, Robin Renucci © Radio France / Christian Ganet
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