NANTES (Reuters) - Près de 10.000 personnes ont défilé samedi après-midi dans le centre de Nantes contre le futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), selon les organisateurs, lors d'une manifestation sous haute surveillance policière.

La police a dénombré de son côté 4.000 manifestants, parmi lesquels 500 militants anarchistes, qui ont recouvert de peinture les vitrines des commerces du centre-ville. Quelque 170 tracteurs avaient également été emmenés sur les lieux.

Plus d'un millier de policiers avaient été mobilisés pour encadrer le cortège, notamment aux abords de l'Hôtel de ville.

Le député-maire socialiste de Nantes Jean-Marc Ayrault est favorable à ce projet jugé "inutile, coûteux et destructeur" par ses détracteurs.

"C'est un immense succès, que nous n'imaginions pas", a déclaré Marcel Thebault, secrétaire de l'Association des exploitants concernés par le projet d'aéroport (Adeca). "Nous allons continuer de faire pression sur les politiques, et nous allons poursuivre le combat juridique, qui ne paiera pas dans l'immédiat mais dans un ou deux ans."

Pomme de discorde persistante entre le Parti socialiste et les Verts, le futur aéroport a fait l'objet d'un "constat de désaccord" en marge de l'accord électoral signé par les deux partis en vue des élections présidentielle et législatives.

Cet "aéroport interrégional du grand Ouest", imaginé en 1965 pour accueillir le Concorde et qui doit accueillir en 2017 l'Airbus A380, est également soutenu par l'UMP, mais combattu par le MoDem et les milieux d'extrême gauche.

La construction et la concession du futur aéroport ont été confiées il y a un an au groupe Vinci, qui évalue son coût à 560 millions d'euros. Il en déboursera 320, le reste étant payé par l'Etat (125,5 millions d'euros) et les collectivités locales (115,5 millions d'euros).

Présenté par ses promoteurs comme un transfert de l'actuel aéroport Nantes-Atlantique, situé en périphérie immédiate de la ville et menacé selon eux de saturation, ce nouvel aéroport à 30 km au nord de Nantes vise à réduire les nuisances sonores et le "sentiment d'insécurité" d'une partie des habitants de l'agglomération survolés par les avions.

Sa construction, qui "a pour ambition l'excellence environnementale", doit démarrer en 2014.

Guillaume Frouin, édité par Yves Clarisse

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