Incendie meutrier à Lyon
Incendie meutrier à Lyon © Idé

Trois personnes, deux femmes et un enfant, selon un bilan provisoire, ont péri dans l'incendie d'une usine désaffectée qui était squattée par environ 200 Roms à Lyon. Les pompiers évoquent la possibilité de six à sept victimes.

Il pourrait y avoir six ou sept morts. L'incendie, qui a démarré un peu après minuit lundi, a totalement embrasé ce bâtiment situé rue Audibert et Lavirotte dans le 8e arrondissement de Lyon.

Les familles Roms ont été évacuées dans la nuit et relogées dans un gymnase du quartier. "Des équipes cynophiles travaillent sur place à la recherche d'éventuelles autres victimes", a indiqué la préfecture. Leur travail est rendu particulièrement difficiles par la fragilité de l'édifice qui menace de s'effondrer, empêchant dans l'immédiat l'intervention des service de la police scientifique et technique.

Ces familles s'étaient installées dans l'ancienne usine après avoir été délogées d'un précédent squatt du quartier de Vaise. D'après les témoignages des rescapés, une bougie pourrait être à l'origine de l'incendie.

A Lyon, les précisions de Nicole Guillard

En visite à Lyon pour faire le bilan des Zones de sécurité prioritaires, Manuel Valls et Christiane Taubira se sont exprimé sur cet incendie. Après avoir exprimé son "sentiment de profonde tristesse", le ministre de l'Intérieur a ajouté que "les campements de fortune ou les squats représentent un vrai danger pour ceux qui les occupent. (...) Il faut poursuivre ce travail de démantèlement et l'évacuation des campements ou des squats en trouvant à chaque fois des solutions qui soient dignes des personnes humaines et qui soient fermes en appliquant les lois de la République", a-t-il ajouté. Christiane Taubira a renchéri en demandant "une solution à la fois digne et efficace".

Des associations ont dénoncé lundi matin l'attitude de la préfecture envers les Roms. Selon Gilberte Renard, militante de la Ligue des droits de l'homme, près de 300 Roms dont des enfants en bas âge et des femmes enceintes occupaient ce bâtiment, des anciens bureaux d'une usine. "Ils dormaient souvent dans le grenier" a-t-elle expliqué.

Gilberte Renard, militante de la LDH, jointe par Hélène Roussel

"Ce qui vient de se passer est symptomatique de la politique de la préfecture du Rhône", a estimé Jean Philippe, militant du MRAP. "Elle refuse d'appliquer la circulaire qui prévoit des diagnostiques médicaux, sociaux et de sécurité, sa seule réponse est l'expulsion des squatts et des campements et à chaque fois la situation s'aggrave." Selon lui, un homme a trouvé la mort il y a deux mois dans le même squatt, écrasé par une partie du bâtiment qui s'est écroulé.

Pour Philippe Barbarin, archevêque de Lyon, la situation des Roms est une question cruciale à l'échelle de l'Europe.

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