Ils s’étaient déjà illustrés en 2016 lors des manifestations contre la loi travail. Cagoulés, vêtus de noir et prêts à en découdre avec la police, les "Black Blocs" ont de nouveau perturbé le défilé syndical du 1er mai.

Qui se cachent derrière les Black Blocs ?
Qui se cachent derrière les Black Blocs ? © AFP / Yann Castanier

D’abord, le "Black Bloc" n’est pas un groupe mais une technique de manifestation, qui consiste à manifester entièrement vêtu de noir et le visage masqué, pour s'assurer l'anonymat.

1999 à Seattle, le premier coup d'éclat

Le phénomène n’est pas nouveau, contrairement à ce qu’a pu dire le préfet de police de Paris. Il remonte aux années 80 en Allemagne et s’internationalise dans les années 90. La "bataille de Seattle" lors du sommet de l’OMC en 1999 rencontre un écho d’envergure : des façades de banques ou de restaurants Mc Donald’s sont vandalisées sous les caméras du monde entier.

Un manifestant "Black Bloc", anonyme, justifie : 

On en a marre de ce système capitaliste qui détruit tout, de la répression policière brutale contre ceux qui s’y opposent. On veut un changement radical, qu’on écoute la société.

Des actions directes de rue

D’après l’universitaire québécois Francis Dupuis-Déri, les adeptes des "Black Blocs" sont "anticapitalistes, généralement anti-Etat, écologistes radicaux, anarchistes, ce qui les place à l’extrême gauche de l’échiquier politique". Ils passent régulièrement à l’action lors des grands sommets internationaux. En 2009, les dégâts liés à leurs actions lors du sommet de l’Otan à Strasbourg sont évalués à 100 millions d’euros. 

Il est difficile de les appréhender et de les infiltrer. Ils sont autonomes, fonctionnent sans hiérarchie et utilisent la tactique du "coucou", explique Olivier Cahn, maître de conférences à l'université de Cergy-Pontoise (Val-d'Oise) : ils se changent discrètement pendant les manifestations et réapparaissent en noir par surprise.

Des critiques au sein de l'altermondialisme

Selon Olivier Cahn, l’objectif des "Black Blocs" est d’obtenir "un écho médiatique et de prouver à l’opinion publique que l’Etat n’est pas capable de tenir la rue". Au contraire, les autorités "ont intérêt à ce que ces membres puissent faire dégénérer les manifestations pour décrédibiliser leurs opposants". Lors du défilé du 1er mai à Paris, 109 personnes ont été placées en garde à vue (la moitié est âgée de moins de 30 ans), parmi les 1 200 "Black Blocs" recensés.

Leur mode d'action n'est pas approuvé par l'ensemble des altermondialistes, certains estimant qu'ils nuisent à leurs revendications. Ce jeudi matin, Jean-Luc Mélenchon, après avoir d'abord accusé l'extrême-droite, a condamné fermement les incidents dans le cortège parisien :

Tout ceci n'a absolument aucun rapport avec la lutte. Casser une vitrine d'un Mc Do n'est pas une activité révolutionnaire.

Le "Black bloc", d'abord une technique de manifestation.
Le "Black bloc", d'abord une technique de manifestation. © Visactu / VISACTU
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.