Innocence project
Innocence project © Radio France

Comment lutter contre les erreurs judiciaires ?

Aux Etats Unis, "Innocence project" a récemment fêté son 301e acquitté. L'organisation traque les erreurs judiciaires depuis 1992. Son principe : forcer les autorités à rouvrir des dossiers pour faire sortir des innocents de prison.

En France, la Cour de révision est la seule habilitée à réviser les condamnations pénales. Cette procédure extrêmement rare n'a abouti qu'à sept acquittements depuis 1945, parmi lesquels Roland Agret en 1985 et Patrick Dils en 2002.

L'antenne française d’"Innocence project" vient de s'installer à Lyon grâce à un avocat pénaliste, Sylvain Cormier, qui a décidé de lancer le combat pour innocenter des condamnés à tort.

Au cœur du dispositif, des étudiants en droit qui épluchent chaque cas, encadrés par des professionnels de la justice. Le barreau de Lyon a voté le 3 octobre une résolution pour y participer et Me Cormier a lancé un partenariat avec l'Institut d'étude judiciaire de l'université Lyon III.

Comme aux Etats-Unis, les condamnés clamant leur innocence recevront un questionnaire très complet à remplir en prison, préparé par Innocence Project France.

"Les détenus se déclarant innocents signaleront l'avocat qu'ils ont conservé, de sorte que nous nous mettions au service de l'avocat", explique Me Cormier. Les juristes, s'ils sélectionnent le cas, feront appel à leur armée d'étudiants et experts pour chercher de nouvelles preuves, investigations, recours à l'ADN, rouvrir des dossiers, réexploiter des scellés, les analyser, quand ils sont encore exploitables.

"Pour faire un recours en révision en France, il faut démontrer un élément nouveau", rappelle Me Cormier.

Six détenus ont déjà envoyé leur dossier à "Innocence project" France.

Le reportage de Gaëlle Joly

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