Le robot américain InSight, qui sera lancé le 5 mai par une fusée Atlas V depuis la base de Vandenberg en Californie en direction de Mars, embarque un sismomètre de fabrication française qui va regarder les dessous de la planète rouge.

Philippe Lognonne, est le géophysicien français responsable scientifique de SEIS (Seismic Experiment for Interior Structure), l'instrument principal de la sonde InSight de la Nasa
Philippe Lognonne, est le géophysicien français responsable scientifique de SEIS (Seismic Experiment for Interior Structure), l'instrument principal de la sonde InSight de la Nasa © AFP / STEPHANE DE SAKUTIN

Le robot InSight doit arriver sur Mars en novembre 2018. A son bord, le sismomètre ultraprécis SEIS a pour mission de fournir toutes les informations sur le sous-sol, qui permettront de comprendre comment et pourquoi Mars s'est transformée en désert au froid glacial.

SEIS est un sismomètre principalement français, conçu par une équipe dirigée par le géophysicien Philippe Lognonné et le Cnes, l'agence spatiale française. Philippe Lognonné assistera avec beaucoup d'émotion au décollage de la fusée Atlas V.  Son bébé est le pivot de la mission InSight.

Les résultats envoyés seront analysés par l'Institut de physique du globe de Paris. 

SEIS est un joyau de technologie :

  • Une sphère de titane dorée, fournie par un laboratoire de la Nasa
  • 20 cm de diamètre
  • Une petite boîte bourrée de technologies de pointe 
  • Mesure des écarts d'environ 0,025 nanomètre 
  • Mesures 1 000 fois plus précises que les précédents instruments envoyés sur Mars
  • Résiste à des écarts de températures de 200 °C (de - 105 à + 120°C)

Ce sismomètre va permettre d'étudier la croûte et le noyau de la planète. On sait qu'il y a  4 milliards d'années, les volcans ont cessé de fonctionner et les rivières se sont asséchées.  Pourquoi, après avoir abrité la vie, Mars est-elle devenue hostile ? On compte sur SEIS pour le découvrir en scrutant les miniséismes de la planète rouge.

Les scientifiques se demandent notamment si la taille de Mars, sa petitesse, est à l'origine de l'extinction de la vie. 

La maquette du sismographe SEIS
La maquette du sismographe SEIS © Radio France / Stephane Iglesis

Le résultat d'un concours d'idées

Philippe Lognonné, qui étudie la planète rouge depuis 1989, a développé plusieurs projets. Avec son collègue américain Bruce Banerdt – devenu le responsable scientifique d'InSight –, il a participé à la préparation d'une mission européenne, NetLander, qui prévoyait l'envoi de plusieurs atterrisseurs sur Mars pour mettre en réseau quatre petites stations scientifiques comprenant notamment des sismomètres. Mais la mission, onéreuse, est annulée en 2003 par l'Agence spatiale européenne et le Cnes.  

C'est aussi avec Bruce Banerdt qu'il a conçu SEIS, à la suite d'un concours d'idées proposé par la Nasa en 2012. Le lancement, initialement prévu pour 2016, a été retardé jusqu'en 2018.  Pour mettre au point son invention, la société Sodern a fait travailler 20 personnes pendant cinq ans sur cette petite merveille qui tient de l'horlogerie et des pendules, la spécialité de Sodern.

Au fil des ans, l'expérience SEIS s'internationalise, avec l'apport de compétences suisses, britanniques et allemandes sur certains matériels. 

Ce savoir-faire permettra à l’avenir de participer à des projets d'extraction minière d’astéroïdes.

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