Deborah est élève à Pierre de Geyter. Devant la classe, elle est Beyoncé, lors d'une interview. Seule devant un micro, elle explique pourquoi elle n'a jamais écouté la radio.

Lors des essais de micro, Deborah joue le rôle de Beyoncé
Lors des essais de micro, Deborah joue le rôle de Beyoncé © Radio France / Fanny Léonor Crouzet

Interclass' : le carnet de bord de Fanny Léonor Crouzet avec les collégiens de Saint-Denis (2/5)

"Moi je pense que Donald Trump est très beau. J'aime bien ses cheveux", répond Deborah à l'évocation des élections américaines. "Vous voyez bien, elle provoque", disent les autres élèves de la 3eC. Une vivacité piquante émane de cette élève de 14 ans, qui est née et a grandi à Saint-Denis. A l'école, elle préfère le sport, le français, et "des fois les maths, mais pas trop". A l'arrivée des journalistes, elle a fait partie de ceux qui posaient beaucoup de questions, sur un grand nombre d'aspects du métier de journaliste. Son éthique, son image, ses méthodes. Cela étonne un peu les professeurs qui l'ont vue moins loquace. En face à face, elle exprime sans provocation ni filtre sa vision de la radio, "média ancien", et de l'environnement qui fait qu'un journaliste devient ce qu'il est.

Écoutez ci-dessous, en cliquant sur l'image, les impressions éveillées de cette élève de 3eC sur le monde de l'information.

Effet de miroir : vous et moi

Pour Deborah, "l'environnement" est important. Sous ce vocable, elle englobe l'enfance, l'accompagnement des parents dans la vie, ou le développement des nouvelles technologies. Consciente d'être membre d'une génération où l'on s'informe beaucoup sur Internet, elle considère la radio comme un moyen de s'informer un peu vétuste. Elle ne l'a jamais vraiment écouté à la maison, où elle regarde plutôt BFMTV ou le journal de France 2. Et pour elle, s'informer, c'est une question d'habitude ; et cette habitude vient de l'environnement dans lequel évolue une personne.

Lorsqu'on dialogue avec elle, Deborah semble avoir lu les textes de Pierre Bourdieu sur la reproduction sociale. La jeune journaliste que je suis est de son côté un peu envieuse de l'intelligence d'une adolescente de 10 ans sa cadette. "Selon moi, vous faites de la radio à cause de votre quotidien, de l'environnement dans lequel vous avez vécu. [...] C'est à partir de quand on est petit... On détermine pourquoi vous faites ça", résume-t-elle avec l'impression de dire des évidences. Pendant quelques minutes, elle livre bon nombre de pensées matures sur la radio, les réseaux sociaux, et l'information de manière générale.

Ceci fait, elle se lève et rejoint la salle de classe, pour accorder une interview sous l'identité de Beyoncé (à écouter ci-dessous)

Deborah en reportage à l'école de police de Sens
Deborah en reportage à l'école de police de Sens © Radio France / Fanny Léonor Crouzet

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