Eric Woerth :

Optimiser ne veut pas dire frauder

Interrogé sur l’affaire Wildenstein par Elise Lucet, au cours de l’émission "Pièces à conviction", diffusée le 16 novembre 2009, sur France 3, ("Comment les riches paient aussi peu d’impôts ?") Eric Woerth s’était montré particulièrement évasif :

« Au moment d’une succession, comme à tout moment, on ne doit rien dissimuler , se contente de répondre Eric Woerth, sans expliquer pourquoi il ne saisit pas les services fiscaux. Le principe du fisc, et le principe de la fiscalité française, c’est qu’on soit au courant de ce qui se passe en terme patrimonial, ou en termes de revenus.

__

(Elise Lucet)-Le sentiment qu’on les Français, c’est que pour cacher de l’argent, il faut des moyens. Et donc, on n’est pas en train de dire que tous les riches font de l’évasion fiscale, mais que de toutes façons, quand on a les moyens, on peut effectivement bénéficier de conseils suffisamment avisés pour ne pas payer, ou pour payer peut d’impôts.

__

(Eric Woerth)-C’est vrai dans tous les domaines. Le garagiste, il connaît mieux le fonctionnement de sa voiture que le type qui n’est pas garagiste, donc la personne qui a plus de moyens d’avoir des avocats pour lui permettre éventuellement d’ « optimiser » comme on dit sa fiscalité… Mais ça ne veut pas dire de frauder. Moi je pense que vous pouvez optimiser, comme dans tous les pays du monde, c'est-à-dire utiliser toutes les règles.

__

(Elise Lucet)-La frontière est ténue…

__

(Eric Woerth)-Non, la frontière n’est pas si ténue que ça. Avant la loi, c’est pas la loi, et après la loi, c’est la loi. »

__

> Je ne peux pas laisser se développer une fraude que la crise rend encore plus insupportable

Politiquement, cette affaire Wildenstein est délicate pour Eric Woerth.

La lutte contre les paradis fiscaux et la fraude fiscale a régulièrement été mis en avant par l’ancien ministre du Budget.

Par exemple, interrogé sur la lutte contre la fraude fiscale par le magazine « Capital », en octobre 2009, au moment même où l’avocate de Sylvia Wildenstein le relance, le ministre du Budget avait eu cette réponse :

« C’est surtout une question de justice , affirme Eric Woerth. Je ne peux pas laisser se développer une fraude que la crise rend encore plus insupportable(…) On n’attrape aucun poisson si l’on ne fait rien. Nous disons aux fraudeurs : les Etats, à commencer par la France, prennent des décisions importantes, le secret bancaire disparaît, réfléchissez bien ! Pour lutter contre le transfert de fonds par virements entre la France et les paradis fiscaux, nous allons mettre en place un droit de communication élargi : le fisc obtiendra davantage d’informations des banques françaises. »

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.