Interrogé à Kigali, le 31 mai dernier, face à la caméra de Jean-François Dupaquier, Richard Mugenzi explique comment il a été formé par des militaires français à l’espionnage radio et à l’action psychologique.

Un peu plus loin, il évoque encore « la guerre psychologique », y compris au sein de son propre camp : « Si vous ne réussissez pas la guerre psychologique, vous n’allez pas gagner la guerre des armes »

Il explique que dans les messages interceptés du FPR, il n’était pas question de « hutus » et de « tutsis », mais qu’il s’agissait en fait de messages que lui faisait passer le colonel Nsengyumva, l’un des cerveaux du génocide, avec le qualificatif de « gorilles » attribués aux hutus et de « bergeronnettes » aux tutsis.

Jean-François Dupaquier passe en revue les différents messages attribués –faussement selon Rugenzi- au FPR.

Selon Richard Mugenzi, le 6 avril 1994, à 14 h 30, soit quelques heures avant l’attentat, son supérieur le colonel Nsengyumva lui aurait annoncé : « Il va se passer quelque chose »

Derrière l’attentat, qui a donné le signal du génocide, Richard Mugenzi voit « un coup d’Etat » des extrémistes qui n’acceptaient pas le partage du pouvoir avec les rebelles tutsis conclu à Arusha par le président Habyarimana. [Face à la caméra de Jean-François Dupaquier, il parle de la CDR, comprenez : la Coalition pour la défense de la République, un parti extrémiste hutu]

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