Les méthodes de la DCRI pour colmater les fuites : une histoire de fadettes.

Le 13 septembre, Le Monde déclare qu’il va porter plainte contre X pour violation du secret des sources. Il affirme que l’Elysée a demandé à la direction centrale du renseignement intérieur d’identifier ses sources dans cette affaire -en l’occurrence le haut fonctionnaire, source présumée de Gérard Davet, qui aurait transmis le P.V de l’audition de Patrice de Maistre. Le chef de l’Etat fait savoir par ses services qu’il n’a pas donné la moindre instruction.

Face au tollé politique (le PS parle de Woerth Gate, Corinne Lepage de Sarko Gate) et médiatique (ces investigations sont-elles légales ?), le directeur de la Police nationale, Fréderic Péchenard, ami d’enfance du chef de l’Etat, explique qu’il a réclamé une enquête de sa « propre initiative », qu’elle est parfaitement légale et que la CNCIS, commission nationale de contrôle des interceptions de sécurité, a été saisie. Il n’a fait qu’ordonner une vérification des « fadettes » (ces listings téléphoniques avec les numéros appelés) de David Sénat, soupçonné d’être la taupe du Monde. Ce soupçon serait fondé sur la base d’un « renseignement ».

Malheureusement pour le patron de la Police, le directeur de la CNCIS contredit cette version. Personne ne l’a saisi d’une telle affaire.

David Sénat n’est autre que l’un des conseillers les plus proches de MAM. Il est déchargé de ses fonctions et se voit proposé une mission à Cayenne.

Alors que Frédéric Péchenard n’a pas réclamé d’enquête sur la transmission du P.V de Claire Thibout le 8 juillet, il refuse cette fois de clarifier la nature du « renseignement » qui a permis à ses services de remonter à David Sénat. Il répond le 5 Octobre dernier au parquet de Paris, suite à la plainte du Monde, que l’information est classée « Secret-défense », le procureur de la république Jean-Claude Marin a demandé le 14 Octobre la dé-classification du dossier.

### La santé de Liliane Bettencourt en question, le fisc en sourdine

Dans le magazine complément d’enquête sur France 2 diffusée fin septembre, Claire Thibout raconte qu’il lui est arrivé de ne pas rendre la déclaration d’impôt de ses employeurs dans les temps.

Ce qui est passible de 10 % de pénalités, en l’occurrence 4 millions d‘Euros. L’agent traitant des impôts de Neuilly qu’elle connaissait s’est montré conciliant pour ce premier oubli et ne lui a rien signifié.

Dans ses déclarations aux enquêteurs, l’ancienne comptable avait surtout précisé que Liliane Bettencourt n’a jamais fait l’objet du moindre contrôle fiscal depuis au moins 15 ans y compris donc dans les années Mitterrand -l’ancien président de la république était proche d’André Bettencourt, le mari décédé le 16 novembre 2007-.

L’hebdomadaire Marianne fait état en octobre d’examens médicaux qui auraient disparu du dossier médical de la milliardaire. Ils permettraient d’expliquer et de confirmer plusieurs témoignages des proches ou ex personnels de Liliane Bettencourt sur ses pertes de mémoire.

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