Irma Sandoval / traduction par Ramon Chao

L’une des réussites du mouvement d’Ayotzinapa réside dans la preuve que la corruption est un phénomène structurel qui ne va se résoudre avec de simples “changements de cabinet”, comme vient de le dire Omar García survivant de la massacre du 26 de septembre en Iguala et leader naturel du mouvement normaliste, déjà internationalement reconnu par son courage et sa clarté politique.

Personne aujourd’hui ne peut prétendre que la corruption constitue une “débilité d’ordre culturelle… un sujet presque humain dans « l’histoire de l’humanité”, selon des paroles dignes de Cantinflas prononcées par Enrique Peña Nieto le 20 de aout passé. Les mexicains nous sommes levés pour exiger la solution d’un problème qui n’est pas culturel ni intrinsèquement humain ou métaphysique, mais strictement politique et social.

En tout cas, la “culture” qui impliquerait la corruption ne serait pas la culture humaine en général, et beaucoup moins la mexicaine en particulier, et précisément celle du PRI, initiateur de la collusion publique-privée au service de la corruption structurelle.

La corruption qui a mené notre pays au bord de l’abîme est intimement liée au néolibéralisme déprédateur. C’est donc normal que le projet politique d’articulation anti néolibéral représenté par Ayotzinapa, s’érige contre les reformes éducatives, énergétiques, injustes qui ont été imposées au peuple par Peña Nieto lors des premiers mois de la présidence acheté.

Les rapports les plus récents de Transparence Internationale 2014, attribuent au Mexique une note de 35 sur 100, ce que le situe entre la Bolivie, la Moldavie y le Nigeria.

Le Méxique de NAFTA, de la globalisation neo libérale est de même un pays de pauvres. Il aurait pu être une puissance économique latino-américaine, et c’est celui où l’on observe le plus de différences de la planète. Dans ses frontières vit l’un des personnages le plus riches du monde, Carlos Slim, et 65 millions de personnes qui survivent avec moins d’un dollar par jour. C’est contre ses inégalités qui s’organisent au Mexique et contre le régime du priísmonéolibéral qui s’organisent les manifestations. Les Mexicains ne veulent plus de corruption, d’exclusion, de fraude et de militarisation.

Les consignes en faveur de la justice, et le retour des 43 étudiants disparus-forcés par l’Etat, constituent un cris étourdissant contre l’anti-démocratie, la répression, la militarisation, la impunité, la privatisation et la collusion entre le pouvoir politique, les monopoles et les moyens de communication.

A ce jour, seulement 21% des mexicains approuvent l’organisation du “Latino-baromètre des Amériques”, et ne se sont pas “satisfaits du fonctionnement de la démocratie”, ce que situe leur pays dans l’avant-dernière place d’Amérique Latina, juste avant le Honduras, un autre pays douloureusement affecté par la guerre et la militarisation. De même, le Mexique est aussi le pays latino-américain avec le plus haut pourcentage de méfiance envers les partis politiques (45%) et les opinions favorables a Peña Nieto se trouvent en chute libre. Finalement en ce que concerne la justice la plupart des habitants se défie des autorités, y lorsqu’is sont victimes de délits ou des abus, ils ne perdent pas leur en dénonçant le cas devant les tribunaux. Seulement un 6.2% de crimes perpétrés dans le pays arrivent aux juges, et un nombre encore moins important conclu avec des sentences de réparation ou de peines par las injustices.

Ces données reflètent la décadence institutionnelle du Mexique et un niveau de corruption structurelle du système judiciaire, politique et économique. La crise humanitaire qui traverse le pays se explique non seulement par la politique de sécurité ou de l’existence d’une justice “inefficace”, mais d’abord par une faille structurelle dans les comptes de l’Etat due aux abus de pouvoir et à l’impunité à tous les niveaux. Les gens ne veulent de nouvelles reformes neo libérales avec de gens avec la même capacité d’abus, de nouveaux pactes avec les mêmes politiciens de toujours qui montrent le même mépris pour la Constitution. Ce que le mouvement Ayotzinapa cherche est une refondation de l’arrangement politique et social. Pour cela, ils exigent la démission de Peña Nieto comme condition indispensable pour des meilleurs rapports avec la société.

Il est évident que Peña Nieto refuse d’assumer sa responsabilité dans cette crise humanitaire , et au lieu d’écouter la société, il approfondit la blessure des mexicains, en imposant un plus grand control et une plus grande centralisation politique dans l’Etat de Guerrero. Son but final consiste à offrir davantage de garanties aux oligarques et investisseurs de la région qui exigent de stabilité” pour continuer avec la néfaste utopie néolibérale du vol maximum avecles communautés du sud. La donation aux narcotrafiquants de grandes parties du territoire national constitue l’autre face de la monnaie de l’arrangement avec les trusts du pétrole et les transnationales arnaqueuses.

Cependant, les étudiants et pères de famille de Ayotzinapa sin embargo ne craignent rien, et ils ont organisé des Mouvement de résistance et de solidarité avec leur cause. La exigeance de la fin de du narco-Etat qui réclament les étudiants, grandit dans tout le pays.

Il n’est pas gratuit que la progressive privatisation et deshumanisation de la guerre et les opérations militaires se produisent avec plus d’intensité dans les régions où s’étend et grandit la resistencia des civiles, comme dans le Guerrero y dans de vastes zones de notre pays.

A ce respect, et de plus en plus, les caciques et les entrepreneurs proches du pouvoir et du narco Etat, engagent d’hommes et des gardes de main privés pour renforcer sa prise sur les civiles, afin de continuer terrorisant et s’appropriant des recours des communautés du sud, comme dans la région de La Parota au Guerrero. Par exemple, tout récemment quatre personnes ont perdu leur vie, et cinq autres ont été blessés dans un affrontement entre sbirres de chefs des usines “Kimbar” et représentants du Conseil des Mairies et de Communautés de l’opposition a La Parota.

Un élément central du projet néolibéral consiste justement à privatiser les appareils répressifs à travers d’entreprises militaires du genre Kellog, Brown & Root, Halliburton y BlackWater, entre autres corporations sans scrupules idéologiques ou moraux qui agissent au service du meilleur payeur dans l’affaire de la guerre. Les EE.UU. sont la référence par excellence de ce phénomène. Au niveau international l’armée agit à travers de mercenaires, qui remplacent les soldats dans les actions de guerre a fin de éviter la justice internationale.

Mais cette politique n’est pas restée le domaine de la justice des EE.UU. Dans le cadre de l’intervention yanqui en América Latina à travers du néfaste “Plan Colombie” et dans notre pays l’initiative “Iniciativa Mérida”, les activités des corporations militaires privées ont été multipliées et ouvertes, et même les budgets sont comptabilisés. Si avec Calderón avaient commencé à fonctionner les prisons privées, son héritier Peña Nieto essayera de consolider cette incursion des transnationales y de la sécurité privée. En fait, le nouvel “décalogue de la sécurité” que le gouvernement a fait connaître, inclue la privatisation et donation des appareils répressifs à des entreprises privées et internationales, puisque la centralisation de la sécurité et la création des 32 corporations de police nouvelles, annoncées par Peña Nieto, impliquent l’assignation de contrats millionnaires pour les innombrables tâches de sécurité et control de police, avec les risques que cela comporte pour les droits de l’homme, l’opacité, et l’abus des recours publiques de notre pays.

Déjà on entend de voix pour suggérer que l’assassinat monstrueux de l’étudiant Julio César Mondragón a été l’œuvre de ce type de forces spéciales entrainées dans les pires exercices de la terreur. La propre mère de Julio signala, avec astuce: “cela me coûte de croire que des mexicains aient pu faire ça contre son peuple”. En effet, cet acte bestial seulement put être perpétré par quelque mercenaire international entrainé dans les pires exercices de la terreur, car il montre un profond mépris pour le peuple mexicain.

A ce respect, les jours passés le journal nord-américain The Wall Street Journal révéla que au moins quatre fois l’an, une poignée d’agentes USA revêtent des uniformes mexicains, et ils les utilisent pour participer – avec une totale impunité- dans des opérations spéciales” de deux gouvernements, avec des armas réservées pour l’école de la Marina y de l’armée à l’intérieur du territoire national. Ceci expliquerait les craintes de Peña Nieto d’enquêter sur la responsabilité des Forces Armées et leur possible collusion avec les milices de corporations privées, ainsi que l’opacité et le refus de la part parte du gouvernement Obama, ce qui concerne la grave crise humanitaire que traverse le Mexique.

Las bonnes nouvelles sont que la valeur et la présence des pères de famille et des étudiants de Ayotzinapa nous offrent la direction pour arracher de victoires politiques sur le gouvernement arrogant, jusqu’alors peu imaginables. Aujourd’hui, Omar García es reconnu de par tout le monde, sans discussion, comme un dirigeant naturel du mouvement normaliste résume la situation:“ Cela fait 81 ans qu’en Ayotzinapa nous luttons pour un projet rural populaire et la revendication de l’identité révolutionnaire, contre le vide de l’Etat, la normalisation de la violence, contre les fabriques de mort, et de convulsion économique et sociale qui sont devenues nos terres, nos villes, notre pays par ceux qui avaient reçu le mandat du peuple”. De telles propositions témoignent de la solidité politique, la clarté, le projet d’un grand peuple, celui de Guerrero, qui se lève aujourd’hui non pas de façon négative ni émotionnel, mais avec une vision claire de la politique, à la recherche d’une légalité nouvelle, d’une autre articulation social, qui ne cherche pas la richesse par l’utopie noire de la privatisation extrême, mais qui vise à construire un pays nouveau

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