A 76 ans, l'ancien président du Conseil italien Silvio Berlusconi, dont les parlementaires mènent une fronde contre le gouvernement de Mario Monti, a annoncé samedi qu'il serait candidat aux prochaines élections législatives et briguerait pour la cinquième fois la direction du pays. "C'est avec tristesse que je retourne à la vie publique", a-t-il dit à des journalistes, filmé par sa chaîne de télévision TGCOM24. "Et je le fais une nouvelle fois par sens des responsabilités." "Si j'entre dans la course, c'est pour gagner", a ajouté "Il Cavaliere", qui avait multiplié ces dernières semaines les déclarations contradictoires sur son avenir politique.

Peu après, le président du Conseil italien Mario Monti annonçait son intention de présenter sa démission "irrévocable", une fois approuvée la loi de stabilité budgétaire. Mario Monti "ne juge pas possible de poursuivre son mandat et a manifesté en conséquence son intention de présenter sa démission",

L'Italie se prépare donc à des élections anticipées. Si la démission de l'ancien commissaire européen intervient d'ici fin décembre, les Italiens pourraient voter fin février ou début mars.

Faut-il y voir une victoire de Berlusconi sur Monti ?

Le pari de Berlusconi est tout sauf gagné: le parti de Berlusconi, le PDL, (Peuple de la liberté) qui a annoncé vouloir voter le budget, est en pleine contradiction et au bord de la scission entre modérés et aile droite. Un récent sondage le créditait de moins de 14% au prochain scrutin national.

A Rome, Anaïs Feuga

Silvio Berlusconi, 76 ans, qui se présente pour la sixième fois, dit vouloir faire "surgir des visages nouveaux". Celui qui avait poussé des vedettes de la télévision vers la politique, a pris des contacts dans le monde du sport, de l'université, de l'économie.

Il doit aussi renouer les contacts avec son ancien allié, la Ligue du Nord.

La presse italienne était ce matin sévère avec le "coup" de Berlusconi, qui se représente à 76 ans, alors qu'il a plusieurs procès et condamnations sur le dos: "Un geste qui révèle les chantages du Cavaliere", titrait le directeur de La Repubblica, Eugenio Scalfari.

La démarche de Mario Monti est en revanche largement saluée. Pierluigi Bersani, le chef du parti de centre gauche, le Parti démocrate (PD), également candidat aux élections, a relevé son "acte de dignité" face à "l'irresponsabilité" de la droite "qui a trahi l'engagement pris il y a un an".

Sur la scène européenne, Mario Monti est salué comme un rempart de stabilité et comme l'artisan de l'assainissement durable de l'économie italienne, la troisième de la zone euro.

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