Berlusconi savoure ce soir une victoire inespérée. Enrico Letta, numéro deux du PD, désigné mercredi par Giorgio Napolitano pour former un nouveau cabinet et mettre ainsi fin à deux mois de blocage politique, a présenté aujourd’hui au président italien la composition de son gouvernement de coalition dans lequel Angelino Alfano, le chef du parti de Silvio Berlusconi, aura le rang de vice-président du Conseil et sera également ministre de l'Intérieur.

enrico letta, président du conseil italien désigné
enrico letta, président du conseil italien désigné © reuters
Le ministère de l'Economie revient à un "technicien", le directeur général de la Banque d'Italie, Fabrizio Saccomanni, tandis qu'Emma Bonino, ancienne commissaire européenne, prendra en charge les Affaires étrangères. La centriste Annamaria Cancellieri, qui était ministre de l'Intérieur dans le gouvernement de Mario Monti, est nommée ministre de la Justice. Le gouvernement prêtera serment demain à 11h30 et devrait être en mesure de se soumettre à un vote de confiance des parlementaires dès lundi. La réélection, à contrecoeur, de Giorgio Napolitano, bientôt 88 ans, a débloqué la situation après que le Président a prévenu, voir menacé, les partis qui ne chercheraient pas une solution. L'Italie se trouvait dans l'impasse politique depuis les élections de février, qui ont pas permis de dégager une majorité claire : le Parti démocrate (PD) de Enrico Letta était largement majoritaire à la Chambre des députés, tandis que trois blocs quasi identiques se partageaient les sièges au Sénat : le PD, le Peuple de la Liberté (PDL, droite) créé par Silvio Berlusconi, et les contestataires du Mouvement cinq étoiles (M5S) de l'ex-comique Beppe Grillo. "C'était le seul gouvernement possible et sa constitution ne pouvait pas attendre", a commenté le président de la République, Giorgio Napolitano. Il s'est félicité du fait que cette coalition gauche-droite permettra au nouveau gouvernement d'obtenir la confiance des deux Chambres, comme le prévoit la Constitution. La tâche d'Enrico. Letta était compliquée: a gauche a répété sur tous les tons, ces dernières semaines, qu'elle n'accepterait jamais de gouverner avec son ennemi juré, Silvio Berlusconi. Le Mouvement Cinq Etoiles a choisi de se ternir à l'écart du jeu politique et de refuser la confiance, poussant donc à la création de cette coalition droite-gauche que Beppe Grillo qualifie d"’orgie digne du meilleur des bunga bunga", ces fêtes privées organisées par Berlusconi. _A Rome, Mathilde Auvillain_
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