Le président socialiste du conseil général des Bouches-du-Rhône, Jean-Noël Guérini, a annoncé avoir été mis en examen. Il est soupçonné d'avoir détourné des fonds publics dans une affaire de licenciement abusif présumé.

J'ai été mis en examen [...] Je suis présumé coupable.

jean-noël guérini devant la justice
jean-noël guérini devant la justice © reuters

La justice soupçonne le sénateur d'avoir "arrangé" le licenciement de Jean-David Ciot, élu depuis lors député PS d'Aix-en-Provence et actuel président de la fédération socialiste des Bouches-du-Rhône.

L'objectif aurait été de permettre à ce dernier de percevoir des indemnités de départ pour mieux préparer les élections législatives de 2012, lors desquelles il a affronté l'actuelle maire UMP d'Aix-en-Provence, Maryse Joissains.

Jean-Noël Guérini a été mis en examen après plus de deux heures d'audition par le juge Charles Duchaine sur la base d'une information judiciaire ouverte en 2011.

"J'ai expliqué qu'il s'agissait d'un accord transactionnel comme le prévoit la loi. J'ai souligné que les intérêts du Conseil général avaient été respectés et que le poste de M. Ciot est vacant depuis deux ans", a dit à la presse le sénateur.

"Bien que présumé coupable par le juge, je suis innocent. J'ai le sentiment que l'institution judiciaire s'acharne", a ajouté l'élu socialiste.

Selon une source proche du dossier, le juge Charles Duchaine a fait bloquer la somme de 65 000 euros sur le compte de Jean-David Ciot, correspondant à 22 000 euros indûment versés par le Conseil général et à 43 000 euros d'indemnités de chômage.

David Ciot est convoqué mardi après-midi devant le juge pour une probable mise en examen pour détournement de fonds publics et recel.

Jean-Noël Guérini a déjà été mis en examen pour association de malfaiteurs dans une affaire de malversations présumées sur les marchés publics de la région marseillaise.

Il devait de nouveau être entendu dans le cadre d'un dossier connexe à l'instruction principale mais son audition a été reportée en début d'année en raison de problèmes de santé, puis d'une méningite virale du magistrat.

Charles Duchaine, qui souhaitait placer Jean-Noël Guérini en garde à vue, avait obtenu la levée début décembre de l'immunité parlementaire du sénateur socialiste.

Malgré ses ennuis judiciaires, Jean-Noël Guérini a réaffirmé sa volonté de demeurer à son poste. "Je resterai jusqu'en 2015 à la présidence du Conseil général et après je serai candidat à ma succession", a-t-il dit.

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