Le tribunal correctionnel de Paris a condamné ce matin Jacques Chirac à deux ans de prison avec sursis, après l'avoir reconnu coupable de "détournement de fonds publics" et "abus de confiance" pour certains emplois fictifs, et de "prise illégale d'intérêts" pour d'autres. Le tribunal jugeait les deux volets, parisien et corrézien, de l'affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris. 28 chargés de mission à son cabinet de maire de Paris, entre 1992 et 1995, étaient rémunérés par la ville sans y travailler.

Jean-Philippe Deniau a suivi la lecture du jugement, au palais de Justice de Paris

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chirac © Reuters

Il s'agissait du premier procès d'un ancien chef d'Etat républicain dans l'histoire du pays, et Jacques Chirac est donc le premier ancien président de la République condamné en correctionnelle.Après douze ans d'immunité pénale à l'Elysée suivis d'années d'atermoiements judiciaires, l'ex-président a été autorisé en septembre à ne pas se présenter à son procès grâce à un certificat médical évoquant des "troubles sévères de la mémoire" et "d'importantes erreurs de jugement et de raisonnement".Dans un message écrit lu au tribunal, Jacques Chirac s'était dit innocent : "Il n'y a ni système ni enrichissement personnel, je n'ai rien fait qui soit contraire à la probité et l'honneur. J'affirme n'avoir commis aucune faute, ni pénale, ni morale."Au contraire, Jacques Chirac "a manqué à l'obligation de probité qui prévaut" aux personnes investies d'un mandat électoral, mais le tribunal a pris en compte l'ancienneté des faits, l'âge et l'état de santé de l'ancien président, âgé de 79 ans.Le parquet avait requis la relaxe.

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